A la porte d'Angers

La Haye-aux-Bonshommes

Un couvent dominicain traditionnel en plein essor.
A Angers prendre la sortie de Laval jusqu'à Avrillé (R.N.162), pendant 2 km. La Haye aux Bonshommes, appellation actuelle, se trouve dans un parc boisé : le Parc de la Haye, à gauche de la route.

Fraternité Saint Dominique (congrégation monastique traditionnelle, propriétaire des lieux depuis août 1979). 49240 Avrillé. Les dernières nouvelles de la Communauté.
Pour visiter, contacter le Père Emmanuel-Marie , tel: 02 41 69 20 06, après 17h.

intérieur église

L'église.

L'église du XIIe siècle, classée possède une abside en cul-de-four, avec à la clef de la voûte le Christ bénissant. L'abside est éclairée par un triplet de hautes fenêtres.
La nef est voûtée en berceau légèrement brisé, avec à la base une corniche composée d'un larmier, d'une gorge et d'un tore.
Les murs intérieurs de l'église ont été décorés de peintures dans la seconde moitié du XIVe siècle, sous le priorat de Roger de Beaufort. Sur le mur Nord de la nef, a été peinte l'histoire de Jacob, en cinq parties; sur le mur Sud, est représenté Adam nommant les animaux lors de la Création du Monde.
La grande fenêtre du pignon Ouest comporte un vitrail en grisaille de type cistercien.
La porte des fidèles qui s'ouvre dans le mur Nord donne sur un porticum récent. Cette porte possède trois voussures égales en arc légèrement brisé, avec des tores reposant sur des culots et des colonnes engagées. La porte des moines, dans le mur Sud, est plus étroite et possède également trois voussures en arc brisé venant reposer sur des culots et des colonnes engagées. Cette porte s'ouvre sur un cloître charpenté récent.
A l'extérieur, faisant suite au porticum, se trouve une petite chapelle oratoire le long du mur Nord de l'église, également du XIIe. Une des rares chapelles latérales subsistantes. Elle servait aux fidèles lors des offices propres aux moines.
De l'aile Sud, il ne reste qu'une partie des bâtiments reconstruite au XVIIe siècle. Toutefois quelques éléments de l'édifice primitif sont encore visibles.
L'aile Ouest fut également reconstruite au XVIIe siècle. Elle présente une façade de style classique bien conservée et possède un escalier de la même époque.

Vue Est du prieuré

La reconstruction de l'aile Est

Détruite à la Révolution, les dominicains de la Haye sont en train de la reconstruire dans l'esprit grandmontain. Elle comprendra au rez-de-chaussée le chapitre et une sacristie à la place du passage. Des chambres seront à l'étage remplaceront le dortoir commun aux frères et aux convers qui existait à l'origine de l'ordre de Grandmont.

Une aide est demandée aux donateurs pour financer ces travaux. Ils sont à envoyer à :

L'Association historique pour la restauration de l'Abbaye de la Haye-aux-Bonshommes : Fondation de France - compte n 06-0518

50% des dons sont déductibles des impôts sur le revenu dans la limite des 6% du revenu imposable

Histoire de la Haye.

La date de fondation de la Haye d'Angers est imprécise, car les chartes d'origine ont été détruites et réécrites par la suite, afin de permettre aux moines de bénéficier des avantages qu'elles procuraient.
Toutefois, on relève dans la bulle de Clément III, qui accorde sa protection à Renaud de VEO le 9 mai 1188 que ce dernier aurait fait construire le monastère de la Haye à ses frais. Il est à considérer que cette maison ayant été bâtie sur un domaine comtal, l'accord d'Henri II Plantagenêt semble avoir été nécessaire.
Les frères devaient être présents sur les lieux dès 1182, et même peut être avant, car il semble qu'ils durent hésiter sur l'emplacement définitif de la communauté, s'assurant en particulier que l'endroit était propice à leur implantation (solitude relative, terrain non inondable, etc.)
Il serait injuste de penser que les religieux de la Haye d'Angers furent insensibles aux malheurs de leurs contemporains; ils furent en particulier les seuls avec ceux de Bois-Rahier près de Tours à accueillir les lépreux (contrairement aux stipulations de la règle de Grandmont), ce qui démontre bien la qualité de leur vie spirituelle en mettant en application leurs devoirs de charité et d'amour.
La Haye d'Angers fut, aux yeux de tous, une communauté pauvre et priante, ce qui lui valut durant tout le XIIIe siècle de recevoir de multiples dons. Cette haute estime des contemporains pour le monastère se perpétua au XIVe siècle.
La celle, qui hébergeait neuf religieux en 1295, en comptera quatorze en 1317 lorsque cette maison fut élevée en prieuré avec le rattachement de la celle de Craon. La léproserie, qui était distincte du monastère, existera jusqu'en 1440.
Le service divin fut célébré au moins le dimanche jusqu'à la Révolution.
En 1791, le parc, les bâtiments conventuels et l'église devinrent Biens Nationaux et furent vendus au sieur Joachim Trotouin, et la ferme qui en dépendait à Desvallois. C'est un terrain de cette ferme qui fut le théâtre de scène de carnage. On y fusilla en moins d'un mois plus de 600 personnes accusées d'avoir participé ou d'avoir favorisé l'insurrection vendéenne.
L'aile Ouest fut rasée et l'église devint une écurie et un magasin de fourrage. Le cloître existait encore au début du XIXe siècle.
En 1907, la Haye d'Angers devint une colonie de vacances.
En 1944, un bombardement fit s'effondrer une partie de la voûte de l'église.
L'église fut classée comme Monument Historique le 6 mai 1947; la façade Ouest avait été inscrite à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques le 1er avril 1947 et la maison du prieur le fut le 5 mars 1965.
En 1974, le prieuré est vendu au Mouvement de la Jeunesse Catholique qui supprime le plafond-plancher dans l'église et en terrasse le sol.
Le 14 août 1979, la Fraternité St Dominique rachète la propriété, et les premiers frères s'y installent dans la nuit du 14 au 15 août 1979.
Cette communauté engagea la restauration du prieuré en 1981; deux tranches de travaux furent réalisées, l'une en 1985, l'autre en 1987. Celles-ci permirent la réfection du porticum et de la chapelle oratoire.
En 1990, une hôtellerie fut construite, comprenant une salle de réunion, quatre parloirs et quelques chambres.
L'aile du levant qui contenait le chapitre et le dortoir des moines avait été détruite au XVIIIe et XIXe siècle. Sa reconstruction a recommencé en 1994. Le nouveau bâtiment occupe l'emprise de la construction disparue et s'efforce d'en restituer l'allure originale. Au premier une série de fenêtres allongées rappelle le rythme des lancettes des dortoirs grandmontains. Au rez-de-chaussée, le plan original avait permis de mettre à jour par des fouilles de sauvetage faites en 1989, différents vestiges.

plan d'accès

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