Bois de Vincennes (Paris)bois de Vincennes .pdf

Localisation:
L’ancienne celle se trouvait à l’emplacement actuel du Lac des Minimes, près du chalet de la Porte Jaune. Pour y parvenir de la ville de Paris, prendre à la porte de Vincennes, la rue de Paris à Vincennes, puis l'avenue de Nogent qui lui succède jusqu’à la Porte Jaune: le Lac est à droite. Encerclant le lac, l’ancien chemin de ronde du monastère existe toujours et porte le nom de route du Grand Prieur.
Intérêt :
Église (Nord) 0.
Vestiges :
Lorsque l’Etat céda le bois à la Ville de Paris, le 24 Juillet 1860, celle-ci s’engageait à le transformer en promenade publique, car il avait mauvaise réputation. Un nommé Papavoine, ancien employé de l’Administration de la Marine, y avait égorgé deux enfants en 1824; de plus, le bois était un lieu privilégié pour les duels. Emile de Girardin y blessa mortellement Armand Carrel en 1836 dans des fourrés voisins de Saint Mandé.
La ville confia la direction des travaux d’aménagement à l’ingénieur Alphand en 1857. Pierre Champion écrivait à ce sujet :
“Alphand retrouvait ce que les militaires avaient épargné, des allées rectilignes, des étoiles, des futaies créées sous Louis XV. Suivant une conception qui lui fait vraiment honneur, il conserva l’ordonnance générale des grandes lignes, mais transforma en parc anglais les pelouses et les espaces vides par des chemins sinueux. Alphand se préoccupa enfin d’alimenter en eau le parc de Vincennes, de ménager dans la verdure de vastes miroirs d’eau, de les agrémenter de motifs d’architecture, et surtout de massifs d’arbres s’opposant par la couleur de leurs robes ou leurs formes.
On commença les travaux par le creusement du lac des Minimes, d’une superficie de 7 hectares, sur le tracé de l’ancienne clôture du couvent, en y réservant trois petites îles. Les terres extraites servirent au remblai du chemin de fer de Paris à la Varenne, entre Nogent et Joinville” .

En creusant le lac on trouva plusieurs cercueils en plomb, qui furent transportés au cimetière de Fontenay sous bois. En outre il restait la pierre tombale du second prieur de Vincennes, Etienne de la Chaize, mort en 1341 dans l’annexe d’Aulnoy. Elle se trouvait dans la partie basse de l’église du prieuré jusqu’au départ des Grandmontains en 1584. Vers cette époque elle put être transférée au prieuré d’Aulnoy, près de Provins. Un doute est permis, car la tombe d’Aulnoy ne porte pas tout à fait les mêmes inscriptions. Pour éviter le transport de la pierre, aurait-on gravé une autre pierre à l’identique? . La pierre d’Aulnoy qui gisait dans un champ au début du XIXe siècle, fut transportée par le propriétaire d’alors, Mr Boursault, contre le mur extérieur de l’église d’Aulnoy, vers 1850. En 1937, les services de la Conservation firent transporter cette pierre tombale dans la Grange dîmière de Provins. Dans les années 1970, elle fut transportée dans l’église Ste Croix de Provins, église qui est actuellement sous arrêté de péril et fermée au public !
Sur place, à part la route du Grand Prieur, il reste l’allée des Moines devenue l’allée des tilleuls, allée qui débouchait au chevet de la chapelle. Elie Revault écrit “ Cette allée, pas très longue, mérite un court arrêt. Si les grands et vieux tilleuls qui la bordent lui valent son nom, il faut savoir qu’on la désigne tout aussi bien : allée des Moines. C’est que, dans les temps anciens, cette allée conduisait à l’entrée du monastère et les moines, appelés les Bonshommes, qui en avait fait leur promenoir, plantèrent eux-mêmes ces tilleuls. Aujourd’hui, en tremblotant de toutes leurs feuilles, les vénérables arbres, plus que centenaires, vous diront , qu’élevés dans cette maison de prières, tout jeunes, ils prirent aussi l’habitude de tendre leurs branches très haut, vers le ciel, en un geste de continuelle et humble imploration”. A signaler que les îles du lac recèleraient quelques pierres de l’ancien prieuré ainsi que deux puits, un dans chaque île.
Au colloque scientifique qui s’est tenu dernièrement à Vincennes le 8 juin 1994, dans une communication, Mr Jean Chapelot directeur de recherche au CNRS et responsable de l’équipe de recherche sur le château de Vincennes, émettait l’idée qu’il était très envisageable de procéder à des fouilles pour mettre à jour l’enclos des Grandmontains; grâce aux plans du XVIIe et du XVIIIe siècle cela ne poserait aucun problème de repérage.

L'allée des Bonshommes dans le bois de Vincennes

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