Rousset (Hte Vienne)

Localisation :
Le village du Rousset se trouve sur la commune de Vaulry. Prendre la D 38 entre Vaulry et Cieux, le village du Rousset, est en contrebas de la route. L’emplacement de l’ancien prieuré est mal défini, détruit depuis trop longtemps. D’après M Maurice Marmignon le prieuré se trouvait sur un replat au sud du village actuel. On retrouve pas mal de pierres sculptées en remploi dans les murs des maisons.

Déjà sur la carte de Cassini le prieuré est marqué comme en ruine.
Dans la « montagne » se trouvait un ermitage près du lieu nommé « Vielh abbayo ». On peut en voir les bases des murs. Des bras courageux seraient peut-être les bienvenus pour dégager ces quelques restes !

Nous tenons à rendre un hommage très particulier à M Maurice Marmignon, pour nous avoir accompagné deux ans avant son décès, et malgré son âge très avancé, dans la “montagne” nous faire découvrir l’ermitage. Il fut l’une des très nombreuses personnes providentielles placées sur ma route grandmontaine qui m’aidèrent à l’éclairer et à la parcourir.


Intérêt :
Restreint.

La chapelle était en ruine en 1652 et même bien avant puisque le commendataire demande l’autorisation du chapitre de Grandmont le 10 décembre 1571 de ne pas être astreint à relever les ruines du prieuré. Elle avait été consacrée à la Sainte-Vierge et à saint Georges.


Vestiges :
Il y a encore beaucoup de pierres appareillées et sculptées, linteaux et entablements de fenêtre, dans le village. À 660 m, il reste un étang et un moulin, le moulin du Rousset. Dans la “montagne”, il reste des bases de mur du vieil ermitage : “Lou Vielh abbaio” la vieille abbaye. Nom que la parcelle porte toujours (voir carte I.G.N 1/25000°). La construction dont il ne reste que des bases de murs est régulièrement orientée, Est-Ouest.
À signaler que l’église du Rousset semblait posséder une statue équestre de saint Georges terrassant le dragon. L’abbé A. Lecler qui l’avait vue dans l’église de Vaulry en 1868 la décrit de la manière suivante : « statue équestre en pierre calcaire, représentant un chevalier terrassant un monstre à queue de serpent ». Elle devait être classée en 1889 mais elle avait disparu entre-temps .

Histoire :
Cette celle a été fondée avant 1224. Elle eut comme bienfaiteur le seigneur Faydit de Vaulry, chevalier. Il donna le 24 août 1220 sa borderie de Teullet, située près de l’étang de Rousset, et à ceux qui y habiteraient l’usage de son bois pour se chauffer et bâtir.
En « L’an 1226, Messire Hugues de Lézignac, comte de la Marche et d’Angoulesme print en protection et garde les frères de l’ordre de Grandmont, mandant à tous ses officiers et justiciers qu’ils ne souffissent ni ne permissent estre faict aulchuns troubles, ennuy ou fascherye à yceulx à eulx ny à leurs personnes ny à leurs tenanciers ou subjects ne aulchuns dommaiges quel qu’il fust ; comme subsdain ils feussent pugnition rigoreuse des acteurs et inventeurs, comme sy à sa personne et biens estoyt faict et en mesme estat de protection et garde les veulx tenyr francz, libres et immunes, comme es bons féaulx et fidèles amys . ». Pardoux de la Garde qui rapporte ce texte dit : « Concerne la borderie du Rousset donnée par Fauditus de Vaulris, miles en 1220 (24-7 augustii). En 1579, le titre de Rousset estoy au coffre ».
Guillaume, seigneur de Mortemart, et Marguerite, sa femme, donnèrent pour leurs anniversaires vingt sols et quatre setiers de seigle assignés sur le mas Teulet ; et pour un autre anniversaire qui devait être célébré à la Saint Michel. Guillaume donna dix livres assignées sur le péage de la Barre de Veyrac en 1271. Par la suite leur fille unique s’étant mariée à Aymeric VII, vicomte de Rochechouart, qui devint par son mariage le premier Rochechouart-Mortemart., fit des dons aux religieux du Rousset. En 1323, ce fut Ithier du Breuil, seigneur de la Coste, chevalier, qui confirma toutes les acquisitions faites par les religieux dans son fief .
Elle comptait cinq religieux en 1295, et fut unie à Grandmont en 1317.
Le domaine du Rousset, car on ne peut plus l’appeler que sous cette dénomination, n’ayant plus aucun caractère religieux, était autrefois cultivé par une douzaine de convers en faire-valoir direct. Il fut le premier domaine de Grandmont loué par bail à métairie le 26 novembre 1425, par Jean Crozandy et Albert Ducoudier, religieux profès et administrateurs nommés par l’Abbé Pierre Redondeau, à Pierre et Jean Buothéty, de la paroisse de Jouthaco , diocèse de Limoges . C’est d’ailleurs à cette époque que l’Abbé acheta la neuvième partie de la dîme du bourg de Fromental, près du Rousset. Puis le 30 Mars 1445, l’Abbé Guillaume de Fumel et le Chapitre arrente à Jean Larcher les tenures de Saint-Bonnet et de Las Guittas pour 15 livres, un setier de seigle, et une poule à feu. Le 10 août 1448, l’Abbé arrente la métairie du Rousset et les mas de la Borderie et du Teulet avec toutes leurs dépendances à Pierre de Larant pour la tierce partie des grains de froment, seigle, avoine, et fruits et dîmes .
Le 20 août 1496, l’administrateur du Rousset Simon de Brolio l’acensa par baillette . Dans sa notice 369 Melle Marion Daure nous donne les précisions suivantes :
« Les métayers doivent restituer au seigneur et abbé de Grandmont le tiers des 3 blés qu'ils cultivent (seigle, avoine et froment), ils doivent fournir tout ce qui est nécessaire pour labourer les terres et les cultures les métayers tiennent 6 bœufs, 6 vaches et leurs veaux, 1 jument et son poulain, 6 porcs et truies avec leur suite, 30 brebis et leurs agneaux et l'abbé détient sur toutes ces bêtes le tiers des têtes principales ; les métayers ne peuvent tenir d'autres animaux l'abbé et ses successeurs détiennent le tiers des pommes et des poires des manses de la métairie les frères Faure ont le droit d'acheter des vignes qu'ils reconnaissent tenir à leur frais et dépens et l'abbé en possèdera alors le tiers la forêt de Rousset restera à l'abbé, mais les métayers pourront y mettre les animaux et prendre du bois pour le chauffage, pour fermer les champs et pour les constructions, pour les œuvres des anniversaires du monastère, 10 sous tournois et 2 setiers de seigle, s'il y a un administrateur à la maison de Rousset, les tenanciers sont chargés de lui apporter du bois et de tenir en état et réparer les maisons et les toitures ».
On peut penser que toutes les maisons ne sont plus gérées que par un administrateur temporaire, qui peut alors être un simple laïc, et de plus ne pas être toujours présent.
Puis à la page 37 de son mémoire de maîtrise sur l’étude du patrimoine de l’Abbaye de Grandmont elle écrit :
« Les fruits sont encore plus mal connus, bien que leur production doive être relativement important , compte tenu du nombre important de vergers. Dans la notice n°369, 1'abbé et ses successeurs détiennent le tiers des fruits des poiriers de la métairie de la maison de Rousset dont la charge a été confiée à Guillaume Faure et Pierre Faure dit lou Gros de la Chèze. Étant donné le climat et les sols limousins, il est probable que les plantations de poiriers et de pommiers prédominaient largement. »
page 41
« La maison de Rousset pouvait bénéficier des services du moulin dit de Rousset , La maison de Trezent de ceux du moulin de Trézent ... C'est pourquoi cet équipement se doit d'être préservé et très bien entretenu. De plus, il est indispensable à la vie quotidienne. Le seigneur de Grandmont met ainsi en garde les tenanciers contre toute tentative de déguerpissements entraînant un manque à gagner pour le seigneur, une détérioration des équipements et des désagréments plus ou moins conséquents pour les clients habituels.
page 57
La maison de Rousset, située dans la paroisse de Vaulry, gérait encore à la fin du XVe siècle, 7 domaines. Dans la notice n°364, il est question du moulin de Rousset. Dans la notice n°369 sont mentionnés une pêcherie et un étang. Il reste encore épars quelques débris.
page 63
« Les clauses du contrat accompagnant la location de la métairie de la maison de Rousset se rapprochent le plus du métayage traditionnel tel qu'il est pratiqué en Limousin, sorte de formule intermédiaire, d'hybridation des baux à cens et à métayage. Guillot Faure et Pierre Faure dit Lou Gros de la Chèze, fils naturels et légitimes d'Etienne Faure, dudit lieu de la Chèze dans la paroisse d'Ambazac, reconnaissent tenir à perpétuité la « mestaderia » de la maison de Rousset incorporant les manses de la Bourdarie et du Tuilet, situés à côté de la maison de Rousset avec les maisons, les jardins, les vergers, les prés, les pâtures, les bois, les landes, les vergnes, les eaux, les terres cultivées et incultes, celles qui sont laissées en absine et celles qui sont occupées etc... En échange de cette métairie dont la superficie semble assez importante, les métayers doivent restituer à l'abbé et seigneur de Grandmont le tiers des 3 blés qu'ils cultivent (seigle, avoine et froment), de même pour leurs successeurs. Ils doivent fournir tout ce qui est nécessaire pour labourer les terres et reprendre les cultures. Ils reconnaissent par ailleurs tenir 6 bœufs et 6 vaches et leurs veaux, une jument et son poulain, 6 porcs et truies avec leur suite, 30 brebis et leurs agneaux et l'abbé détient le tiers des têtes principales. Ils ne peuvent tenir d'autres animaux. L'abbé et ses successeurs détiennent également le tiers des pommes et des poires des manses de la métairie. Les frères Faure ont le droit d'acheter des vignes qu'ils reconnaissent tenir à leurs frais et dépens et l'abbé en possédera alors le tiers. En plus de la métairie, ils possèdent en censive 3 vergers, une pêcherie, des étangs, un pré et une terre ».
« Ce système de métairie où l'abbé détient le tiers des biens de la métairie s'appelle une tiercerie. La proportion du prélèvement seigneurial est donc moindre . Cependant, les concessions du seigneur vis-à-vis des frères sont minimes : en 1496, tout l'entretien et la fourniture des biens sont à la charge des métayers. Mais, compte tenu de l'importance du bétail qu'ils élèvent, il est probable que le seigneur les a aidés antérieurement à s'en procurer une bonne partie. De plus, le caractère perpétuel du contrat de métayage assure aux métayers la sécurité de l'emploi à un moment où il est peu à peu supplanté par le métayage temporaire, mal accepté par les paysans à l'avenir désormais incertain .
Les seigneurs ont consenti à d'autres sacrifices pour remettre en état les campagnes. Ils ont accepté notamment, de façon temporaire, des réductions de cens. En Limousin, cette pratique s'est surtout répandue dans la première moitié du XVe siècle ».
Le 7 septembre 1581, l’Abbé par l’intermédiaire de son administrateur, Dom Jean Devaux, prêtre, prieur du Rousset, demande reconnaissance des terres aux habitants du Rousset. François Larent au nom de ses frères reconnaît détenir des biens consistant en maison, bâtiments, jardins, prés, patûral, bois de châtaigniers, et champs froids et autres domaines . À cette époque, la chapelle était encore en bon état , ce que le document suivant, qui est antérieur de dix ans, contredit.
Le 13 Novembre1571 on nomme un prieur commendataire au Rousset, Me Barthon Bonyn, en voici sa prise de possession :
Aujourd'hui, 13e jour du mois de novembre 1571, pardevant le notaire royal sous écript et en présence des témoins ci après nommés, au lieu de Rousset et par devant la porte de l'église dudit Rousset, s'est comparu et présenté en sa personne, Vénérable Mr Barthon Bonyn, prêtre lequel, en vertu de provisions en date du octobre 1571, signées François de Neufville, abbé de Grandmont et Le Blanc, notaire, scellées du scel dudit seigneur abbé et des ratification et homologation faites et accordées au chapitre dudit Grandmont par les religieux d'icelle, signées Mosneron, par le sur mandement de nosdits seigneurs les religieux, en date du 15e jour du mois d'octobre 1571, scellées du scel du seigneur abbé, qu'il avait en mains, a sommé et requis Maître Symon Verdilhac, prêtre vicaire de Vaulry de icelui mettre et induire en la possession réelle, actuelle et corporelle de la maison Saint-Étienne de Muret, estant sise audit Rousset, membre dépendant de l'abbaye de Grandmont, fruits, profits, revenus et émoluments d'icelui, lequel de Verdilhac, après avoir vu et lu lesdites provisions a mis et induit ledit Bonyn en la possession réelle, actuelle et corporelle de la maison St-Estienne de Muret, fruits, profits, revenus et émoluments d'icelui et ce par l'ouverture de ladite porte de l'église, sonnement de la cloche, aspersion de l'eau bénite, baisement des reliques et d'autres, entrée de la maison dudit prieuré de Rousset et ce sans contredit ni empêchement de personne; dont et de laquelle prise de possession, ledit Bonyn m'a requis acte, à moi notaire royal soussigné, juré sous le scel établi aux contrats en la Basse-Marche, que lui ai concédé pour lui valoir et servir que de raison, en présence de Laurent Meillaud, Léonard Meillaud, Martin Meillaud, François Meillaud, Pierre Meillaud, Laurens Larent l'aîné, Laurent Faure le jeune, dit Layrant, Estienne Rellière, habitant du village de Rousset, Estienne Rellière meunier, demeurant au bourg de Vaulry, Anthoine Bourdelas maréchal demeurant au village de «la canote», Pierre de Cyeulx, Jacques Roffanche du village de Lacheze, paroisse de Cieux et plusieurs autres, témoins à ce requis et appelés. Lesdits témoins ont dit ne savoir signer; ainsi signé: Verdilhac, vicaire susdit, ainsi signé dessous F. Fannet notaire royal »
Un autre acte fut rédigé un mois après, le voici :
« A Limoges, le 10e jour du mois de décembre, l'an 1571,personnellement, Maître Barthon Bonyn, clerc, diocèse de Limoges, lequel a insinué les lettres de tonsure, plus la collation à luy faite de la maison et cellule de Rosset et homologation faite de la provision par Mrs les religieux de l'Abbaye de Grandmont, avec la prise de possession, desquelles pièces la teneur s'ensuit.
Suivent deux actes en latin :
Nous, frère Jean Mathias, prieur claustral de l'abbaye de Grandmont, Pierre de Mont, chantre, François Marraud, sous-chantre, Jehan Mosneron, François Daynal, François du Mont, Vincent Bandol, prêtres, Claude Mousson, diacre, et autres religieux conventuels de ladite abbaye, congréés et assemblés estant dans le chapitre assemblés, à tous qu'il appartiendra, salut; savoir faisons, tractant et négociant les affaires de notre chapitre, s'est illec présenté par devant nous Vénérable et Discrète personne Maître Barthon Bonyn, lequel nous a fait entendre que la maison et correctorie de Rousset, membre dépendant de ladite abbaye et ordinairement unie en icelle, estant ruinée et en danger de tomber par terre si autrement ne y ai mis ordre et pour ceste occasion pris icelle par afferme naguère de Révérend Père en Dieu Frère François de Neufville, abbé de Grandmont à la charge de refaire et entretenir le domaine et édifice de ladite maison de Rousset, comme à plein est contenu par la collation faite par ledit seigneur abbé qui nous a illec exhibée en date...octobre, signée François de Neufville, abbé de Grandmont et J. Le Blanc, notaire et scellée du scel dudit seigneur abbé; et est il que ledit Bounyn, craignant que ayant fait refaire les étangs et autres édifices, il soit inquiété, en la possession et jouissance de ladite maison, par quoi nous a requis, sans vouloir avoir esgard et vouloir apposer notre consentement et homologation et ce fait, après avoir lu et entendu de point en point ladite collation, à nous, par ledit Bonyn, archer, et ayant esgard à ses requête et à ses remontrances et par plusieurs autres causes à ce mouvant, avons ratifié, homologué, approuvé et par ces présentes lettres, ratifions, homologuons et approuvons, consentons et avons pour agréable ladite collation de mot à mot, louons et donnons à entendre par le notaire soussigné, promettant sous l'obligation et hypothèque de tous et uns chacun ses biens, de ne venir jamais au contraire et pour grande sûreté des choses susdites, nous avons signé l'original des présentes de nos seings manuels et concédées, faites signées au notaire soussigné, juré sous le scel de nos châtellenies de Grandmont et de Saint-Sylvestre, donné et fait dans le chapitre de ladite abbaye, en la présence de Denis Dupré, prévôt de Grandmont et de Maître Jehan De Coudier, fils de Maître Jehan De Coudier, habitant en Grandmont, témoins connus et à ce appelés, le 15e jour du mois d'octobre 1571, ainsi signé par Messieur les religieux de Grandmont, J. Mosneron, notaire et scellée de cire rouge à double queue.
Par cet acte le chapitre de Grandmont accepte que le prieur commendataire ne relève pas les ruines du prieuré comme il lui est prescrit. Il faut dire à la décharge de ce chapitre que la conjoncture était loin d’être favorable.
Puis un différent oppose l’administrateur et ses administrés sur l’ancien cimetière des moines transformé en jardin. Une transaction semble avoir été élaborée le 11 avril 1582, mais le 7 septembre 1582, une sentence des commissaires établis par le Roi :”adjuge au prieur du Rousset l’enclos dudit lieu appelé cimetière, qui était autrefois dédié pour la sépulture des fidèles trépassés, tant religieux que domestiques, et confrontant d’une part à l’église du Rousset et d’autre part à la maison dudit prieuré, contre les prétentions des habitants dudit lieu, qui se l’étaient appropriés .
Le 19e abbé général de l’Ordre, Rigal de Lavaur, fut administrateur du Rousset en 1597. Vers cette époque, 1592, le Rousset était affermé par l’administrateur Simon de Brolio, pour la somme de 100 livres , Mais les troubles des guerres font que l’administration de l’abbaye ne peut s’exercer. Le prieur commendataire, Messire Jehan de Vaulx, prêtre, passe une transaction avec les habitants du Rousset et notamment avec François Larent au nom de ses frères le 25 septembre 1589 . Le frère Ducoudier est l’administrateur de l’abbaye en 1591. Il sera remplacé en 1597, par Rigal de Lavaur qui est nommé par l’Abbé François Marrand administrateur et prieur du Rousset. Il s’occupera du Rousset jusqu’en 1602, date à laquelle il fut nommé à Ravaud, et l’année d’après, élu 19e abbé de l’Ordre.
Le 14 novembre 1603, les tenanciers presque tous de la famille Larant au nombre de 13 font savoir par procureur interposé aux fermiers généraux du prieuré, Messires Guillaume la Couture et Martial de Gravelat : « qu’ils ont payé les arrérages des rentes aux nommés Latour et Rivier, sois-disant receveurs de Grandmont, en lieu et place du receveur Bellot ». Les demandeurs répondent : « qu’ils n’auraient pas dû payer à leur prieur curé et à d’autres, ni à M Bellot qui n’a jamais été procureur de Grandmont ». Le procureur des tenanciers, le sieur Laforest répond : « que l’abbaye et le prieuré ont été en telle confusion et litige que plusieurs fois les gens de guerre sont venus piller, en usant d’actes militaires. Ils ont contraint les redevables à payer leur dû par saisie de leurs bestiaux et de leurs meubles, voire par la prison ». Les plaignants sont toutefois condamnés à payer.
Le 03 Avril 1607, frère Jean de la Fruchière est prieur (administrateur) du Rousset . Le 11 Mai 1628 François Relhière vend à Jean Larent tout le droit qu’il avait et percevait sur le moulin du Rousset . En 1629, le prieur, Albert Ducoudier afferma le bien pour la somme de 450 livres, et en 1631 il est renouvelé moyennant le paiement de 115 setiers de seigle, une quarte de froment, une quarte d’avoine, et une quarte de poix mèture. Le bail est signé à Bellac le 21 juillet 1631 .
Le problème de mésentente entre les tenanciers et le prieur devait toujours être d’actualité, car le 13 juin 1632, un acte de déguerpissement de deux pièces de jardin appelé cimetière, est fait à Jean Larent, par le prieur du Rousset, Albert Ducoudier.
Le 10 Avril 1633 « Une défense de couper des bois du Rousset est rendu par sentence de la chambre des requêtes du Palais entre Laurent Larent et vénérable frère Albert du Coudier prieur du Rousset. Les Larent auraient partagés entre eux, usurpsé par le passé, ce qui était autrement dédié pour la sépulture des fidèles trépassés, tant religieux que domestiques, résidant dans le dit prieuré ... jardins confrontant d’une part à l’église dudit Rousset d’autre part à la maison dudit prieuré »
Suit un acte de désistement du jardin du cimetière par Laurent Larent au vénérable Frère Albert du Coudier administrateur, qui demande à le voir condamner pour et désistement dudit cimetière
Et le 3 Mars 1635, une sentence des requêtes du Palais à Paris est donnée “au profit du sieur Abbé de Grandmont Rigal de Lavaur, et de son administrateur, Albert du Coudier, contre les métayers, manants, et habitants du Rousset :
Jean Larent dit Filou,
Jean Larent dit Loudillat,
Jean Larent dit Foucault,
Jean Larent dit Jazat,
Jean Bidaud maréchal,
et Pierre dit Grand Pierre, tous habitants et tenanciers du village du Rousset, défendeusr, qui disaient qu’un contrat (avait été) passé entre M Jean de Saussay, chanoine de l’église Saint-Martin de Tours, procurateur spécial ”.
Le 4 octobre 1640 le prieur du Rousset Albert du Coudier se rend acquéreur de la moitié des deux moulins du lieu à Jean Larent.
Le 31 mars 1644, l’abbé Georges Barny et le frère Albert du Coudier entament une procédure contre les tenanciers Pierre et Laurent Larent. Ils demandent « que Pierre Larent qui a bâti une maison dans l’enclos, éloignée du fondement de l’église de 6 pas, et Laurent Larent et consorts qui ont une étable à pourceaux et deux petits jardins où ils ont bâti une grange dans le jardin de quatre grands pas » soient condamnés à démolir les bâtiments qu’ils ont construits dans l’enclos et dans le cimetière depuis 45 ans sans autorisation. Jean et Laurent Bidaud avaient une autre grange dans le cimetière de 10 grands pas.
Le 28 juillet 1644, l’Abbé général et son administrateur Albert du Coudier, religieux prêtre, profès, passe un bail emphytéotique avec Jean Crozandy, de la métairie du Rousset, et de la mense et de la borderie de Juillet, situé proche de ladite maison.
Le 5 février 1645 une transaction est passée entre l’Abbé chef général de l’Ordre Georges Barny, et des membres de la famille Larent, Pierre dit Foucaud, Léonard son frère, Étienne fils de Cibart Larent, pour les cens et rentes foncières dus à l’Abbaye, moyennant le paiement de 1500 livres, deux douzaines de fromages, deux setiers de blé-seigle (méture) mesure de Mortemart, dix sols en argent .
Le 10 août 1645, sommation est faite à plusieurs habitants de Vaulry de ne pas cueillir et percevoir les fruits saisis dans plusieurs pièces de terre, qu’ils avoient distraits du domaine du Rousset .
Et le 14 août 1684, un fermage pour sept ans fut passé pour 660 livres annuels . Le 20 Juillet 1694 : “Les Larent du Rousset sont fermiers de notre annexe par bail de prolongation du 6 Mai 1692, passé par Desmaret, notaire à Grandmont, pour sept ans, qui ont commencé le 1er juin de 1691, moyennant le prix de 660 livres par chaque année... signé de la Marche de Parnac”
En juin 1701, un arpentement du lieu du Rousset est établi par Négrier, arpenteur à St Victurnien . Le bien consistant en maisons, granges, jardins, prés, 409 sétérés et deux bois de châtaigniers. La sétéré est composée de 400 carreaux de dix pieds de Roy, ce qui faisait au total une surface de 173 hectares environ. Elle était chargée de 18 livres de rente, de deux sétiers de seigle, douze quintaux de foin, trois charges de cens, chaque charge composée de 133 livres, et vingt-quatre fromages .
En 1733, le prieuré était affermé à Rivaud pour 660 livres , et 700 livres en 1766.
A la Révolution le prieuré du Rousset fut estimé le 3 janvier 1791 par Martial Masoulard, de Bellac. Le bien appartenant « aux ci-devant abbés de Grandmont, réunis à l’évêché de Limoges » comportait les articles suivants :
1 – un étang appelé étang du Roussé de 9 sétérées ou environs estimé 132 livres
2 – une terre « les Planchats » de 6 coupées estimée 2 livres
3 – un petit étang (étang de Grandmont) de 3 quartonées estimé 3 livres
4 – un pré (pré de l’Abbaye) de 3 quartonnées estimé 32 livres
5 – un jardin (le grand jardin) de 5 coupées estimé 6 livres
6 – un autre jardin (jardin de l’Abbaye) de une cartonnée estimé 5 livres
7 – un autre jardin même contenance estimé 5 livres
8 – Vestige de bâtiment dans le susdit village du Rousset contenant une coupée et demie ou environs, qui est planté en noyer que j’ai estimé à 2 livres 10 sols.
Le tout fut vendu le 18 mars 1791 pour la somme de 29.400 livres au préjudice du comte de Marsanges de Vaulry, émigré. A noter que M de Marsanges payait pour son étang du Rousset à l’évêque de Limoges un setier de froment, trois de seigle, trois pots d’huile et quatre poulets.

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