Fontadam (Deux-Sèvres)

Localisation :
Cette celle se trouvait sur le territoire de Caunay. Pour y parvenir prendre à Sauzé-Vaussais la Nle 948 en direction de Niort pendant 800 m. Tourner à droite sur la D 15 en direction de Mairé-Levescault-Ste-Soline pendant 9,5 Km. Arrivé à la D 110 la prendre à gauche en direction de la Clussais-la-Pommeraie pendant 50 m. Le site se trouvait à droite de la route. Un calvaire y a été érigé en septembre 1925 en mémoire de cette ancienne occupation. (coord. I.G.N : 2,53 gr - 51,34 gr).


Intérêt :
Église (Nord ?) 0 - Peu d’intérêt.


Vestiges :
Une fontaine aménagée en deux parties, source et vivier. Très belle vasque ronde.
La fontaine était considérée depuis fort longtemps comme miraculeuse.

Histoire architecturale :
Une lettre parue dans les affiches du Poitou du 26 novembre 1785, p. 141 donne les renseignements suivants sur l’état de Fontadam à cette époque :
“Il ne reste plus des anciens bâtiments que quelques pierres paraissant avoir formé des murs et qui sont couvertes de broussailles, au milieu desquelles s’élèvent quelques arbres que le temps a presque détruits.
Devant la maison, au Sud, était une cour d’environ un arpent; des pieds des murs à l’Est, sort une fontaine connue sous le nom de Font-Adam qu’on ne voit jamais tarir, quoiqu’elle ne paraisse pas couler abondamment...”


Histoire :
Cette celle dut être fondée entre 1140 et 1163. Le lieu marécageux était peu propice à cette implantation. Aussi la communauté ne fut jamais nombreuse : trois religieux en 1295. Unie au prieuré de la Carte en 1317, elle ne fut bientôt qu’une ferme. Des bandes de soldats licenciés, peut-être des armées du Duc de Berry, la pillèrent vers 1380 . Fontadam était devenu inhabitable . Ceci est confirmé par une supplique envoyée au pape Eugène IV le 1er juillet 1441 indiquant que le prieuré de Fontis Ade est ruinosus depuis cinquante ans, et que personne ne peut y habiter, et qu’il manque de l’argent pour exécuter les réparations
Le 11 Novembre 1462, un bail est conclu par Jean Joubert, Prieur de la Carte et de ses annexes, d’une pièce de terre en bois et en friche dépendant de Fontadam .
Le 24 mars 1563 la sénéchaussée de Poitiers condamne Rose Doyneau, veuve de François Doyneau, seigneur de Souline, lieutenant général du Poitou, au paiement d’une rente de cent sous .
Le 7 août 1568, un bail à ferme est conclu entre le prieur Arnaud d’Estissac et frère Pierre Baudouin, religieux à la Carte, des revenus de ce prieuré et de ses annexes dont Fontadam, pour cinq ans.
Le monastère de la Carte dont Fontadam dépendait fut donné à la Compagnie de Jésus de Poitiers, par le général Rigaud de Lavaur en remerciement de services que la Compagnie avait rendu aux Grandmontains. Un brevet du Roi en date du 28 octobre 1605 complèta cette libéralité en abandonnant aux Jésuites la mense priorale. Ils en prirent possession le 30 avril 1607, moyennant le versement annuel d’une redevance de 120 livres que le prieuré de la Carte versait au chef d’Ordre. Cette redevance fut versée au Collège Mignon jusqu’en 1769.
Un procès survint peu après entre le fermier de Fontadam et les nouveaux propriétaires. Le fermier prétendait ne devoir la ferme qu’au seigneur du lieu, Messire Emery de Barbezières, seigneur de la Roche Chemeraud et comte de Civray, qui s’était rendu, soi-disant acquéreur du lieu de Fontadam, par une vente des biens ecclésiastiques faite avec la permission de sa Sainteté, et par l’ordre de sa Majesté. Devenu veuve sa femme Claude de l’Aubespine, usufruitière du bien, voyant le peu d’intérêt qu’elle avait à conserver ce bien, demanda à son fermier de laisser la jouissance du bien aux Jésuites. Elle confirma par un acte son désistement sur ses prétentions le 3 février 1611 .Dans un bail passé par les Jésuites en 1692, le domaine de Fontadam était décrit dans ces termes :
“Le lieu de Fontadam dépendant du prieuré de la Carte consistant en bois taillis, près, terres, eaux, pêcheries, cens, rentes, devoirs, dîmes, terrages, rentes et honneurs, droits de levage de chail servant aux meulanges qui se lèveront de la dite terre et généralement tout ce qui dépend de la dite terre”.
Le 7 juillet 1791, les biens dépendant de l’ancien prieuré sont vendus aux enchères par l’administration du district de Melle avec la désignation suivante :
“Cinquante boisselées de terre en pré et pacages, closes de haies et murs de pierres sèches, situées près de la fontaine de Fontadam; une autre pièce de terre d’environ 18 boisselées, partie taillis, partie pâtis, appelé le Grand Taillis; une troisième pièce d’environ 20 boisselées sur laquelle était bâti le ci-devant monastère de Fontadam, et une quatrième pièce de soixante boisselées environ, partie en bruyère, partie en bois, touchant les précédentes, le tout dépendant des cy-devant jésuites et situé sur la paroisse de Caulnay”.
L’adjudication fut faite au prix de 14.100 livres.

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