La Faye de Jumilhac (Dordogne)

Localisation :
Cette celle se trouve sur le territoire de la commune et du canton de Jumilhac le Grand. Situé à 1,2 km au nord de Jumilhac-le-Grand, sur la route de la Coquille, au bord de l’Isle. L’entrée du château de la Faye se trouve sur une petite route à gauche.

Intérêt :restreint

Vestiges :
Église (nord) fut détruite avant 1833, car elle ne figure plus sur le cadastre du 28 septembre 1833. Une tour d’angle avait dut être construite pour fortifier la celle contre les bandes, sans doute au XVème s. Vers 1650 le prieur Albert Barny fit reconstruire l’église, la salle des moines fut cloisonné et revoûté plein cintre, pour y aménager un réfectoire et une cuisine (photo) ; et au XVIIIème s., un balcon fut posé à l’étage du bâtiment sud. Peu de restes grandmontains à l’intérieur, une magnifique charpente à la Philibert Delorme.

Histoire :
Cette celle fut fondée en 1194, par Étienne Cortez et ses deux fils, Bernard et Aymeric. Elle abritait sept religieux en 1295, et dépendait de la Visitation de Gascogne. Érigée en prieuré par la bulle de 1317, celle-ci lui unit Boisset et Belleselve, sur le diocèse de Périgueux, et Puy-Gibert (n°28), la Plaigne (n° 37) et Chargnac (n°24), sur le diocèse de Limoges. Son prieur était Isarn de Sainct Gilles . C’était l’un des monastères les plus pauvres de l’Ordre, mais la vie conventuelle y fut maintenue. Une reconnaissance des tenanciers est rendue à Pierre de Salagnat, écuyer, Seigneur de Lanaptre le 30 juin 1589
Le 1er septembre 1628, le Grand Conseil dans un arrêt demande au prieur commendataire de verser le tiers des revenus du prieuré aux religieux.
En 1650, le Prieur conventuel Albert Barny fit reconstruire l’église et rénover les bâtiments conventuels qui tombaient en ruine . En 1654, le nouvel abbé, Dom Antoine de Chavaroche nomma en vertu des quatre prieurés vacants auxquels il avait droit, Dom Joseph Boboul, prieur commendataire. Dom Joseph Boboul ne voulut pas s’y retirer et laissa tout le bénéfice à la communauté, afin de faire célébrer l’office divin avec plus de décence .
En 1744, le prieur titulaire du prieuré était Dom Raymond Garat; qui deviendra le 26ème abbé de l’Ordre le 10 décembre 1744 .
En 1768, il ne restait plus que trois religieux (Dom de la Tourniolles, Dom Antier, et le prieur Dom Muret).
Lors de la suppression de l’Ordre La Faye fut unie au séminaire de Périgueux. Les religieux ayant refusé d’obtempérer, le rapporteur de la Commission des Réguliers, Loménie de Brienne, leur envoya son agent, le grandmontain Daguerre de Nangis, pour “convertir” la communauté. La Faye fut évacué en 1778 par arrêt du Conseil présenté comme “ayant été rendu à la demande des religieux”.
Cette même année, le 16 septembre 1778, un des religieux André Entier fut assassiné dans un bois voisin avec d’atroces raffinements de cruauté...
En 1783, Messire Pierre de Brie, Vicaire Général d’Arles était prieur commendataire de la Faye et de ses annexes (Puy-Gibert, Chargnac et la Plaigne).
La famille Chalard furent les fermiers des religieux durant une grande partie du XVIIIème siècle.
L’église fut démolie avant 1833, désormais rien ne laisse supposer au passant la destination première de ces bâtiments. Une carte postale éditée au début du siècle portait la mention suivante : “ Une vieille Abbaye du XIIème s. s’est transformée en ferme coquette”.

2013 - La Faye est actuellement un centre équestre et gîte.

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