Épaigne (Hte Vienne)

Localisation :
Cette celle se trouvait sur le territoire de la commune de Sauviat-sur-Vige. Le lieu est fort difficile, voire impossible, à trouver sans aide. Nous avons eu la “chance” de trouver un propriétaire du bois sur place . Il attendait au bord d’un petit sentier. Grâce à lui il nous a été possible de voir ces anciens lieux grandmontains... Nous y sommes retournés quelque temps après et nous avons été dans l’incapacité de les retrouver….

Intérêt :
Néant. Sur place des monticules de terre marque l’emplacement des anciens bâtiments, donnant ainsi leur orientation. Vu la déclivité du terrain, l’église était certainement au Nord.

Vestiges :
Grâce à l’initiative des paroissiens de Sauviat sur Vige, une voûte d’ogive put être récupérée dans les ruines du prieuré en 1641 (la date en est inscrite sur la clef), et remontée dans le transept droit de l’église de Sauviat. À signaler quelques remplois dans les murs du moulin de Monteil, qui se trouve en contrebas du site (colonnettes).
Il reste quelques vestiges des murs de clôture autour du site, le long d’un pré et du bois.

Histoire :
La celle d’Épaigne aurait été fondée par Luce d’Espagne et sa fille en 1221 , mais cela sous toutes réserves, car il semble que la fondation devait être plus ancienne. En 1295 il n’y avait que trois clercs, et en 1317 Épaigne fut unie au chef d’ordre.
En 1437, Léonard Chaussade habitant St Léonard, échangea avec noble Jean de Culent, seigneur de Sauviat et du Chalard, la terre d’Épaigne dont il était seigneur, contre la terre de Pelouneix
Sur le terrier de l’Abbaye de 1496, trois notices concernent Épaigne. Les notices 233 et 234, portent des redevances dues par Jacques le Gay du Monteil sur les lieux-dits le Couadier dans la mense du Monteil pour 40 sous tournois, 4 setiers de seigle, ainsi que des corvées de charrois et de vinade, sur Soubzcoste et quatre Lieuras, de 9 sous tournois, 1 setier de froment, 2 éminées d’avoine. La notice 235 concerne les lieux-dits du Fuent et du Margaud, également dans la mense du Monteil, moulin au-dessus de la Vige. Les redevances dues par Louis Masbareau du Monteil sont de 3 sous tournois, 8 setiers de seigle, un setier de froment, un setier d’avoine, et le quart des anguilles et autres poissons qui seront pris dans l’écluse du moulin. Louis Masbareau doit également pour le Mas Boissou, dans la mense du Monteil, 5 sous tournois, 2 setiers de froment, 2 d’avoine et 4 poules, corvées de vinade de charrois et autres services.
Sa chapelle qui était dédiée à la Vierge naissante était en ruine en 1574. L’Abbé et les religieux de Grandmont l’accensèrent cette année-là écrit Nadaud. Nous trouvons un acte du 20 Mars 1574 qui le confirme :
« À Limoges, le 20e jour du mois de mars 1574, personnellement Noble Jehan de Forêt Vieille, au nom et de procureur de Frère Brice de Mont, religieux de Grandmont et prieur de la Maison ou cellule de Notre Dame d'Espaigne, a insinué la collation audit de Mont de la cellule, plus l'acte de prise de possession de ladite cellule, plus la procuration constituée par ledit de Mont pour prendre possession et insinuer, desquelles pièces, la teneur s'ensuit
La collation est faite par Frère François de Neuville. Sachent tous que par devant nous, Léonard de La Fon et Pierre de Leschette, notaires soussignés et en` présence des témoins bas nommés, étant au devant l'église d'Espaigne, membre dépendant de l'abbaye de Grandmont, est comparu Pierre Du Couret, l'aîné au nom de procureur de Frère Brice du Mont, prêtre religieux de Grandmont, en vertu de procuration signée Texier et F. De Coudier, du... du présent mois et an, lequel a requis Jehan du Monteil, prêtre vicaire du bourg de Sauviat, de le mettre en la réelle, actuelle et corporelle possession de ladite église, fruits, profits, revenus et émoluments d'icelle, en vertu de la provision du 12 des calendes de mars, an présent, signée F. de Neuville, abbé de Grandmont et Le Blanc.
Présents : Me Michel Forest, notaire de la ville de Bourganeuf, Léonard Bazeman du bourg de Sauviat. Prise de possession du 16/03/1574. Procureur Pierre du Coubret, prêtre et Jehan de Forest Vieille le 13/03/1574. Présents Jehan du Coudier, le jeune, habitant de Grandmont, Jehan Vouzelle, greffier de Montegut ».
Lors de l’élection du 18e abbé, François Marrand, le 17 juin 1597, le frère Brice de Mont, sacristain de l’Abbaye est toujours prieur d’Épaigne.
En 1641 une voûte d’ogive fut récupérée et remontée dans le transept latéral droit de l’église de Sauviat, et le 24 janvier 1666 les habitants de Sauviat demandèrent à l’Abbé de Grandmont de leur céder les pierres des ruines de la chapelle . Sans doute une demande de régularisation de ce qui avait déjà été consommé et sans doute accordé sans trace écrite car des pièces de fermage se trouvent à Limoges datant du 30 Mars 1641 laisse penser à une transaction, sans doute orale à cette époque, entre les religieux et les habitants de Sauviat.
Le 23 février 1662 , le prieur de la Faye de Jumilhac, Joseph Boboul, vend des bois à prendre dans la foret d’Épagne à Antoine Choineau. Il faut dire que le père Joseph Boboul avait reçu ce bénéfice de l’Abbé en vertu des quatre premiers prieurés vacants après son élection, et que le Père Boboul qui habitait Grandmont, laissa tout le revenu à la communauté
En 1685, Épaigne fut affermé le 25 Mars pour la somme de 160 livres par an par Léonard de la Celle, religieux, sindic de l’abbaye de Grandmont.
Il reste aux Archives de Limoges des pièces de procédure avec le fermier Mingot, de 1702 et 1704, et du 8 juin 1711, et des demandes d’arpentement le 8 août 1723 devant Me Henry Beaubreuil, procureur d’office de Sauviat .
Un état des revenus du prieuré affermés à M de la Fond, fermier, “qui jouira de la moitié des quatre blés (froment, seigle, avoine, blé noir) des métairies dépendantes du prieuré, et des autres légumes (pois, fruits) et percevra la tierce partie. Il aura droit de dîme des susdits blés, lesquels dîmes, les métayers sont obligés de les conduire à la grange, et lesdits métayers ne pourront tenir ni gros, ni menus bétails, que celui dudit seigneur, qui pourra avoir deux juments et poulains dans les pacages dudits prieuré, sans que les métayers puissent rien prétendre du croît d’icelle”est dressé le 14 novembre 1704.
En 1728, Épaigne était affermé 350 livres suivant le bail du 3 novembre 1728 reçu par Delavau
Des coupes de bois furent autorisées par arrêt du Conseil du Roi du 24 avril et 1er Mai 1736 pour financer les travaux de construction de la nouvelle église du monastère de Grandmont .
Me Barny, notaire à Grandmont dresse le 9 mai 1755 l’acte suivant :
« Aujourd'hui neuf mai 1755 après midi au lieu d'Epaigne en Haute Marche psse de Sauviat par devant nous notaire résidant à Grandmont, les témoins cy après nommés nous nous sommes transporté à la requête de Dom André Pierre Defanieux religieux sindic de l'abbaye d'une part de Me Jean Bapt. Randonal, marchand et delle Marie Lavy son épouse demeurant à Sauviat d'autre part et Christophe Pin, ancien fermier du lieu d'Epaigne y demeurant encore d’autre part, lesquels parties nous ont requis de vouloir dresser notre procès verbal tant des grasses que des menus réparations qui sont actuellement à faire dans les appartements de la métairie d'Epaigne appartenant à Ms de Grandmont a quoi adhérent accompagné par François Gaillard charpentier masson et couvreur demeurant au bourg de Sauviat expert choisi par toutes les parties, nous sommes entrés premièrement dans la maison ou habite ledit Pin qui est celle du métayer où nous aurions remarqué que la poutre qui porte la cheminée est cassée par le bout où elle est étayée du côté de la porte en tableau, de là sortant de la maison nous aurions remarqué qu’il manque à l’escalier qui monte dans une chambre au-dessus de la maison les trois dernières marches, qui ont besoin d’être refait à neuf avec un garde fou n’y paraissant pas y en avoir jamais eu. Les autres marches ayant aussi besoin de regarnir un peu, de là sommes entré dans une grange à côté de ladite maison où nous avons remarqué que les portes de ladite grange ont besoin de rapiécé ...
Nombreuses réparations à exécuter pour 120 livres »
En 1770, Épaigne était déclaré comme rapportant 350 livres annuelles, et fut uni à l'évêché de Limoges par le décret du 27 juin 1781 .
À la Révolution, le bien fut vendu, à cette époque le fermier était Pierre Cheyssou
“Le domaine d’Épaigne, avec ses bois, dépendant du ci-devant abbaye de Grandmont, et pour 900 livres de bestiaux, est estimé à 11.500 livres.
Adjugé pour 41.000 livres. Vente du 30 septembre et 1er octobre 1793.” .

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