L'école d'orfèvrerie de Grandmont

châsse de Mathons

Châsse de Mathons (trésor de la cathédrale de Troyes)

Il serait injuste de limiter à l'architecture comme source unique de forme d'art utilisé par l'Ordre. Une autre forme d'art a été utilisé par Grandmont, et garde son souvenir : l'orfèvrerie.En effet, sans doute grâce à la générosité des rois d'Angleterre principalement, Grandmont put entretenir une école d'orfèvrerie. C'est l'ordre de Grandmont qui diffusa les émaux limousins en France. De nombreuses dépendances grandmontaines possédaient des croix ou des reliquaires émaillés. Cette école fut enfin reconnue, et admirée, dès le milieu du XIXe siècle, une centaine d'années trop tard malheureusement, car la Révolution avait envoyé à la fonte les plus beaux exemplaires de cette école.C'est donc des vestiges qu'il nous reste, dont la collection réunie par Edmond du Sommerard, qui se trouve actuellement au Musée du Moyen-âge (Cluny) à Paris.

plaque châsse St Etienne

St Étienne en conversation avec Hugues de la Certa

plaque émaillée (Musée du M.A)

On ne saurait trop avoir de reconnaissance pour les érudites qui ont travaillé pour les faire redécouvrir : Geneviève François-Souchal, jeune chartiste, devenue conservatrice au Musée des Thermes, ancien nom du musée, qui fit connaître la collection Sommerard. Elle écrivit une série d'articles sur ces trésors dans le Bulletin Monumental de 1962 à 1967. Ce qui contribua à faire un peu mieux connaître ce trésor. Puis et surtout Mme Marie-Madeleine Gauthier disparue récemment, qui répertoria ce qui restait de ce trésor, soit dix-sept inventaires, récolements et procès-verbaux. Elle se dépensa sans compter comme conservatrice à la Bibliothèque Municipal de Limoges où elle connut ce patrimoine, elle entra au C.N.R.S en 1963 comme chargé de recherche où elle prépara le catalogue international de l'œuvre de Limoges. Elle devint par la suite directrice de recherche et directeur de la collection des Émaux méridionaux. C'est donc des vestiges qu'il nous reste, dont la collection réunie par Edmond du Sommerard, qui se trouve actuellement au Musée du Moyen-âge (Cluny) à Paris. Toutes ces femmes ont permis en faisant connaître d'aboutir à cette consécration que fut la fameuse exposition "L'œuvre de Limoges" d'abord au Louvre puis à N.Y au Métropolitan Muséum, en 1995 et 1996.

Marie-Madeleine Gauthier pouvait écrire dans son livre, "Les routes de la foi" :

"Si l'historien prudent cherche un reflet de vérité dans les choses, sinon dans les mots, il ne saurait, au cours de son pèlerinage imaginaire auprès des arches saintes, dénier à la liberté du poète et de l'artiste l'authentique brevet de l'ingénuité".

Une petite biographie sur elle vient de paraître dans Vivre à Limoges :

Marie-Madeleine GAUTHIER
Directrice de la bibliothèque municipale dès 1946, spécialiste de Œuvre de Limoges, chargée de recherche au CNRS à partir de 1963, responsable d'un corpus consacré aux émaux méridionaux, Marie-Madeleine Gauthier est restée jusqu'à sa mort, en 1998, profondément attachée à Limoges. La preuve en a été faite une nouvelle fois au printemps dernier, lors de la signature d'une convention entre son fils et la Ville : le fonds documentaire réuni tout au long de sa vie (soit 11 000 documents, dossiers et photos ayant trait aux émaux de Limoges), vient selon son souhait de rejoindre officiellement le Centre de documentation et de recherche sur l'émail du musée municipal de l'Évêché, où il va pouvoir être conservé et informatisé.
Pour poursuivre I'œuvre de Marie-Madeleine Gauthier, et notamment la publication du Catalogue international de l'œuvre de Limoges sur lequel elle avait tant travaillé (un premier tome, consacré à la période romane, était paru en 1987), la Ville s'est de son côté engagée à participer - aux côtés de l'Etat, de la Région, du Département, du CNRS et des éditions PULIM - à la publication du tome 2 de ce travail de recherche sans précédent. Placé sous la direction scientifique de Danielle Gaborit-Chopin, conservateur général au musée du Louvre, il aura pour titre “L’apogée, 1190 -1215" et devrait paraître dans quelques mois.
Signalons également que le musée municipal vient tout juste de mettre en vente (au prix de 22 euros) un cédérom consacré à "Thomas Becket et I'Œuvre de Limoges". Rédigé par Simone Caudron, membre du corpus des émaux méridionaux du CNRS, il présente en français et en anglais l'histoire tragique du martyr anglais, et les cinquante-et-une chasses émaillées réalisées en Limousin pour diffuser et vénérer ses reliques à travers le monde.

 (article non signé, peut être de Mme V. Notin - Conservatrice actuelle du Musée de Limoges)

webmestre : Michel FOUGERAT

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autre site sur le sujet :

http://www.musee-moyenage.fr

http://www.culture.fr/emolimo/billange.htm

http://www.culture.fr/emolimo/ponsac.htm

http://dglf.culture.fr/culture/inventai/inventai/limousin.htm

 

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