Deffès (Lot et Garonne)

Localisation :
La celle de Deffès se trouvait sur la commune de Bon-Encontre, canton d’Agen. Sa dénomination actuelle est Sainte-Rose. Pour s’y rendre, il faut prendre la route au N-E de Bon-Encontre allant au petit hameau de Toulza. Arrivé à Toulza prendre une route en direction des faubourgs d’Agen sur environ 150 m; les vestiges de la celle se trouvent sur la hauteur à droite de la route.

Intérêt :
Église (nord) 2.


Vestiges :
Une partie des murs latéraux (murs gouttereaux) de la nef a servi à la construction d’une maison d’habitation, aujourd’hui désaffectée.

Histoire :
La celle de Deffès a dû être fondée vers la fin du XIIème siècle, par un baron de Beauville, seigneur du Castillon. En 1220, son fils Arnaud, confirma cette donation. L’évêque d’Agen, Guillaume II, mort le 11 janvier 1263, avait demandé à y être enterré. On y retrouva d’ailleurs son corps en 1820 avec sa crosse et son anneau pastoral orné d’un grand syrian.
Deffès hébergeait 8 clercs en 1295. Le premier Pape français, Bertrand de Got, sous le nom de Clément V, fut dans sa jeunesse l’élève de Pierre de Caussac à Deffès. Pierre de Caussac devint d’ailleurs, en 1282, le 17ème prieur de l’Ordre de Grandmont. Deux après son élection celui-ci fut injustement déposé par les trois visiteurs de l’Ordre, qui nommèrent à sa place un intrus, Bernard de Rissa. Devant ce scandale, le Pape Honorius IV, cita à comparaître Pierre de Caussac et Bernard Rissa. Mais le Pape ne pouvant les départager, il délégua ses pouvoirs à Bertrand de Montaïgu, Bernard de Gérald le provincial et à son chapelain Raoul de Mirebeau. Ceux-ci cassèrent l’élection de Bernard de Rissa qui renonça à son poste et fut nommé correcteur de Puy-Chevrier. Mais Pierre de Caussac, ne put pas corriger les rebelles et se démit de sa fonction de prieur en 1290.
Pierre de Caussac finit sa carrière à Deffès où il mourut le 26 septembre 1296. Son élève, Bertrand de Got, devenu Pape en 1306, sous le nom de Clément V, punit les Visiteurs de l’Ordre qui avaient fait tant de mal à son maître.
En 1317, la bulle du Pape Jean XXII éleva Deffès en prieuré et lui unit les celles de la Ribeyrolle et de Sainte-Rose. Le prieur de Deffès, Bertrand de l’Espinasse, devint alors l’un des quatre visiteurs de l’Ordre. Les moines de Sainte-Rose vinrent s’établirent à Deffès et amenèrent avec eux l’image de leur sainte patronne, Sainte Rose de Viterbe. Depuis cette époque, Deffès porte aussi le nom de Sainte-Rose. Bertrand de l’Espinasse devait décéder en 1330. Les moines éliront un des leurs, Eximin Gilles, mais l’Abbé refusera sa confirmation. Jean XXII nommera Isarn Deltruffe, qui était prieur du Bois d’Allonne.
Deffès tombé en commende; le Prieur commendataire Isarn Deltruffe, ne pouvant être Visiteur de l’Ordre, il fut remplacé à ce poste par le prieur de la Carte (79/4).
Le prieuré de Deffès eut beaucoup à souffrir de la guerre de Cent Ans. Les moines furent obligés de se mettre à l’abri dans la ville d’Agen où ils possédaient des maisons dans la rue Saint Gillis.
Mais la conventualité ne survécut pas aux Guerres de Religion. Ainsi le prieuré de Deffès fut transformé en fort et occupé par des gens d’armes. D’après les registres des consuls d’Agen, les habitants de Saint-Ferréol furent chargés de 1591 à 1596 de payer la solde de la garnison du fort de Deffès commandé par le capitaine Laporte.
Avec l’autorisation du Pape, les biens temporels furent vendus en partie à Armand de Durfort, Baron de Bajamont, pour la somme de 160 livres. Ses héritiers étaient encore en possession de ces biens en 1658.
Devenu simple bénéfice, Deffès eut de nombreux prieurs commendataires. L’un nommé par le seigneur Abbé de Grandmont, le Révérend Père François Gaudion demeurant à Paris au Collège Mignon, qui le reçut le 9 novembre 1668. Celui-ci en prit possession par procuration. Un autre prieur commendataire, Toussaint de Mérignac, y fut nommé par le Pape; il en prit également possession par procureur interposé le 29 décembre 1668.
En 1669, Antoine Dargelos, curé d’Aubiac, passa un acte en qualité de prieur de Deffès.
Enfin, le Roi Louis XIV, par lettre patente du 10 avril 1670, nomma comme prieur commendataire “noble homme” Martin Duchêne, médecin de sa majesté.
Les différents prieurs commendataires de Deffès se contentèrent d’en recevoir les bénéfices et négligèrent de réparer les bâtiments qui menaçaient ruines.
Ainsi, en 1666, le curé de St Ferréol écrivait dans son rapport à son évêque:
“Il y a dans la paroisse une chapelle nommée Sainte-Rose où il ne se fait aucun service; on y dit quelques fois messe de dévotion le jour de la fête. Cette chapelle est en mauvais état, presque en ruine”.
Dans un procès verbal du 9 septembre 1697, on peut lire :
“L’église de Sainte-Rose que nous avons visitée a été trouvée dépourvue de tout, l’autel malpropre, la voûte ayant besoin de réparation et sur l’autel et vers le milieu de l’église. Le fond de l’église est indécemment tenu et on y met bien des denrées qu’on a promis de retirer incessamment”.
A la Révolution la chapelle n’existait plus qu’à l’état de masure. Elle fut vendue comme Bien National; l’acte de vente en donne l’état des lieux :
“Métairie appelée Sainte-Rose, dépendant du prieuré de Deffès, comportant en une maison pour le métayer, grange, garde-pile, four, étables et murailles d’une ancienne église”.
A noter qu’au XVIIème siècle, Sainte-Rose de Lima était très vénérée, aussi, elle supplanta l’ancienne patronne... Rappelons qu’à cette époque il n’y avait plus ici de conventualité et que la dévotion populaire était moins formaliste et surtout moins instruite. Une frairie avait lieu à Deffès tous les ans, le 30 Août.

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