La Boulonie (Charente)

 

Localisation :
Cette celle se trouvait sur le territoire de la commune de Loubert, canton de Saint-Claud.
Pour y parvenir de Loubert, où l’on peut voir le seul reste du prieuré, le portail des fidèles remployé en portail de l’église ; prendre la route au N-O qui longe la Charente jusqu’au château des Sablières. Tourner à droite parcourir un bon kilomètre jusqu’au balisage d’un chemin de Grande Randonnée. Laisser son véhicule et prendre le G.R à droite qui emmène à l’ancienne ferme en ruine de la Boulonie. Le site de l’ancienne celle se trouve un peu plus bas le long du ruisseau de la Boulonie. Un modeste calvaire est le seul témoin avec quelques vestiges (colonnettes, voussoirs) de l’ancienne occupation de ce sol par un édifice religieux.


Intérêt : Église (nord) O.


Vestiges :
L’église étant en ruine au milieu du siècle dernier, la porte des fidèles fut récupérée et donnée par son propriétaire, M Duval de la Guierce en 1852, pour être remonté à l’église de Loubert lors de travaux de restauration . Ce portail est formé de trois gros tores encadrant les piédroits et les cintres. (voir la photo)
Sur le plan cadastral du 15 avril 1851 apparaît à l'Ouest des ruines du prieuré une fontaine
Sur place quelques pierres appareillées, et un petit calvaire qui porte l’inscription suivante :
“1860 - D.DEVERDIMIAC”
Une pierre anépigraphe, portant une croix a été récupérée et réemployée à l’église de Roumazières, pour servir de support à un nouvel autel .
Les autres pierres servirent à édifier la ferme au-dessus du prieuré, maintenant en ruine.

Histoire :
Cette celle dût être fondée par les seigneurs de Loubert en 1157, sans doute avec la protection de JourdainVI, comme le suggère Dom Jean Becquet , et avec l’accord des chanoines de Lesterps. La chapelle était placée sous le vocable de Saint-Marc, ou des Bons-enfants.
En 1285 elle n’est plus habitée que par trois religieux, et elle est unie en 1317 à La Vayolle. D’après Nadaud, la Boulonie fut unie à Étricor en 1518, donc à la mense de Grandmont. Mais comme nous l’avons vu, Étricor à cette époque vivait une époque troublée. Les spoliations du seigneur de Rochebrune, les taxations indues de tailles et de logement de guerre exercées sur les tenanciers, la commende donnée par le Pape à diverses personnes de tous horizons (secrétaire de l'évêque, chanoines de St Junien, à un clerc de Chabanais, Me Bertrand de la Boissière le 1er janvier 1554, vraisemblablement parent à celui qui démolira quelques années plus tard les bâtiments conventuels d'Étricor). Jamais ce bénéfice ne sera tenu par des religieux grandmontains, montrent que Grandmont ne pouvait exercer ses droits et protection sur Étricor et a fortiori sur la Boulonie. Le bien donc devenu sans protecteur, dut péricliter.
On trouve dans les collations de l'évêché de Limoges en juin 1602 celle donnée à Me Jean Vachenard. Il est représenté par le frère Guillaume de la Vergne, religieux du couvent des Jacobins de Saint Junien . En 1629, la Boulonie payait une rente au prieur de la Vayolle, dont il dépendait
Un bâtiment orienté nord-sud semble être le bâtiment oriental, et celui en équerre, orienté ouest-est une partie de la chapelle. Ces bâtiments figurent près d’une fontaine sur le cadastre du 15 avril 1851. En 1852 on récupère le portail et on le remonte à l'église de Loubert. Le petit calvaire subsistant ait été édifié en 1860 à l’emplacement du sanctuaire de la chapelle. L’enclos semble avoir été ovale.
En 1895 Rempnoulx du Vignaud écrivait :
“Le petit prieuré de La Boulonie, bâti à une époque inconnue, à deux kilomètres au nord de Loubert, au milieu de brandes sauvages, de bois et d’étangs dont les digues rompues ne retiennent plus les eaux; il ne reste de cette chapelle, dans des décombres informes, que quelques chapiteaux en granit qui semblent dater du XIVe siècle.
La carte de Cassini la nomme “Chapelle Saint-Marc” et les gens des environs viennent encore parfois en pèlerinage sur ses derniers débris pour la guérison de certains maux. Des tuiles gallo-romaines éparses au même lieu attestent qu’il fut habité à une époque reculée : l’ancienne voie romaine de Charroux à Périgueux passait du reste non loin de là”.

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