La Vayolle (Vienne)

Cette celle se trouve sur la commune de Nieuil-l'Espoir (Vienne).

Il reste le bâtiment Est très mutilé, le bâtiment Sud s'est écroulé, faute d'entretien en 1958. Quant au bâtiment Ouest, il est dénaturé par son ancienne utilisation agricole.

Vestiges :
Le bâtiment Est a été très mutilé au XVIème siècle, toutefois on peut apercevoir dans le mur Ouest, les trois arcatures de la baie de la salle capitulaire sous le crépis. Elle en comportait cinq à colonnettes hautes . A l'étage, on peut également apercevoir, 3 à 4 lancettes bouchées du dortoir.
Tout le prieuré semble avoir été sécularisé depuis un temps immémorial. A l'intérieur de ce bâtiment il ne subsiste aucun voûtement.
Le bâtiment Sud avait été prolongé au-delà du bâtiment Ouest à une date indéterminée. Ce bâtiment s'est écroulé en 1958. C'est vraisemblablement à cette époque que le propriétaire, M le Marquis de Beaucorps-Créquy fit démontée la belle cheminée du prieur, et la fit remontée dans son salon du château de Chambonneau.
Quelques beaux restes de l'époque de la fondation subsistent également dans le bâtiment Ouest avec deux portes en arc brisé, dont une sur le retour du bâtiment Sud, et un passage voûté. Des fenêtres à meneaux et à moulures prismatiques plus tardif, (XVème siècle probablement) se trouvent dans le mur Ouest de ce bâtiment.


Histoire :
Comme nous l’avons vu pour la Troussaye, ce prieuré est mentionné dans l’acte de fondation contesté du 31 mars 1191, de Richard-Coeur-de-Lion (domus de la Volole). La Vayolle dut être fondée dans la deuxième moitié du XIIème siècle (sur les layettes du Trésor des chartes de 1197 elle porte l'appellation de Lavaillola grandimontensis ordinis) . Sa fondation devait peut-être remontée à 1157, car Charles Dereine signale qu'un évêque de Poitiers, "frère Calo, episcopus Pictavensis", avait été revêtu de l'habit de Grandmont sur son lit de mort en 1157, dans une celle proche de sa ville épiscopale , certainement la Vayolle.
Elle hébergeait en 1285 six religieux, et devint prieuré en 1317. On lui unit la Troussaye (n° 130), la Boulonie (n° 10), et Bois-Pouvreau (n°113). Après cette union 18 frères y vivaient. Son premier prieur fut Bertrand de la Roche . Philippe IV le Bel avait donné en juin 1308, lors de son passage à Poitiers diverses libéralités qui se montaient à 95 livres .
Pendant les guerres entre le Roi de France et le Roi d’Angleterre, et plus tard les guerres de religions causèrent à la Vayolle des destructions importantes. Le bâtiment du chapitre fut mutilé, et le prieuré fut pendant trois ans vacant.
Le prieur commendataire, Jacques Frotier, n'ayant pas rempli ses engagements en versant la pension annuelle à l'Abbé de Grandmont François de Neuville, celui-ci après plusieurs réclamations infructueuses, fulmina six mois après l'échéance une excommunication en cas de non-paiement. Le 17 février 1530 , l’abbé commendataire de l’ordre, François de Neuville, passa un contrat de transaction de la pension qui lui est due pour la somme de 22 livres 15 sols. Il encourait au prieur récalcitrant Dom Jacques Frotier d’être excommunié en cas de non-paiement ! Celui-ci fit appel devant la Cour comme d’abus.
Le 5 novembre 1664, en vertu des lettres de terrier, commission et arrêt furent donnés par les seigneurs du Grand Conseil à l'Abbé Antoine de Chavaroche, conseiller et aumônier du Roi, Abbé, chef et général de l'abbaye et de l'Ordre de Grandmont, lui donnant autorisation d'assigner par personne interposée :
"M Mannevy, fermier et administrateur du prieuré conventuel de la Vayolle, diocèse de Poitiers, demeurant au prieuré de la Vayolle, parlant à sa servante pour lui faire à comparaître aujourd'hui par devant Monseigneur du Grand Conseil pour se voir condamner à payer audit Seigneur Abbé les pensions à lui dues sur le prieuré de la Vayolle annuellement à raison de vingt deux livres quinze sols par chacun an... "
En 1670, par un acte de “malice” d’un religieux, les titres du prieuré furent la proie des flammes .
En 1696, à la requête de Louis Girault, hôte des "Trois piliers" à Poitiers, on procéda à la visite des bois dépendants du prieuré; bois qui lui avait été affermé par le prieur Dom Lefebvre. En 1707, une enquête fut faite sur ces mêmes bois à la demande du prieur claustral Jean Royaud, pour des dégâts commis par Anne Mannevy, veuve de Guillaume Laurenceau, procureur, qui y prétendait un droit d’usage à cause de ses maisons de Villiers et de la Morinière . Ce prieur devait mourir le 15 juin 1707, et être enterré dans la chapelle Notre-Dame de la Vayolle. Il était âgé de 48 ans .
Un arpentement général des bois du prieuré est fait en 1736. Ils contenaient 116 arpents et demi, avec établissement du quart de réserve, et réduction des coupes à l'âge de 25 ans. Cette précaution permit quelques années plus tard au Conseil d’État de rendre le 7 mars 1741 un arrêt autorisant la coupe des bois au-dessus de 40 ans, pour financer des travaux au prieuré, que le prieur commendataire, François-Anne de Lauzon de la Poyardière avait trouvé en très mauvais état. Ce prieur ne pouvait ou ne voulait pas les faire réparer; prétextant que son prédécesseur, Dom Albert de Barbançais, était décédé insolvable à 42 ans le 2 décembre 1729, et qu'il ne pouvait exercer un recours contre ses héritiers. A noter que ce prieur, économe de ses deniers, avait fait une demande en modération de taxes à la Chambre ecclésiastique du diocèse de Poitiers pour l'annexe de Bois-Pouvreau .
Pour satisfaire à l’édit de mars 1768, l’abbé de la Maison-Rouge envisagea d’unir au Bois d’Allonne, les prieurés de Puy-Chevrier et de la Vayolle . A cette époque le prieuré n’était occupé que par un seul religieux : Dom Moreau, prieur. Cette proposition sera sans effet, et la Vayolle fut en vertu, des lettres-patentes du 25 avril 1770 et des arrêts du Conseil du 21 mars 1771, unie au séminaire Saint Charles de Poitiers.

Pour de plus amples renseignements lire les Cahiers n° 19.

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