Saumur (Haute-Vienne) - celle n°145

L’ancienne celle de Saumur se trouvait sur la commune des Cars (Hte-V). Pour y parvenir des Cars, prendre la sortie Sud en direction de Ladignac-le-Long. Saumur est à deux km des Cars. Le site se trouvait à main droite dans le virage. Quelques restes dont la table d'autel, et une croix contre le mur d'une maison.

Vestiges :
Il reste quelques fondations de la façade Sud de l’église bordant le chemin qui descend, dans le prolongement de la route venant des Cars. Il reste en outre quelques lapidaires : une ancienne table d’autel à bords chanfreinés (2,25 m x 1 m x 0,27 m), un bénitier, des bases de fenêtres à double ébrasement, une croix le long d’un mur, deux chapiteaux très érodés, dont l’un ayant un décor de trois rangs d’écailles.
Par une photographie aérienne M Jean-René Gaborit a déterminé que l’enclos était hexagonal .

Histoire :
Cette celle fut fondée vers 1165 , sous le prieurat de Pierre de Bernard de Boschiat par un seigneur de Lastour. Son église était sous le patronage principal de la Sainte-Vierge, et secondaire de saint Hilaire de Poitiers. Il semble qu’elle ait eu une annexe : Les Croix-près-Lastour . Cette annexe aurait possédé une église au titre de Sainte-Croix. Il est possible, voire probable que la croix reliquaire de la Vraie Croix de l’église des Cars en provienne, vu sa facture très grandmontaine, comparable à celle de Gorre
(Voir autre article sur le sujet).

Le 1er Mars 1211, une sentence est rendue à Aixe sur Vienne par le juge commis par l’évêque contre Beliot, femme de Simon, condamnée à laisser jouir paisiblement les religieux de Saumur de douze mesures un tiers de froment sur la paroisse de Meilhac .
Des donations ou achats sont reçus durant le XIIIe siècle.
En voici quelques-uns :
Le 1er Mars 1224 pour l’anniversaire d’un évêque , donation de quatre setiers de froment et deux setiers de seigle. Le 5 des ides de novembre 1230 Hélie Lobator d’aine et sa femme Marie donnent tous leurs biens dont ils se réservent la jouissance au dernier vivant, et le prieur de Saumur leur cède une charge de vin dans son pressoir à Aixe . Le 12 Kal septembre 1243, Gerald du Bord, chevalier, après avoir confessé les mauvais traitements qu’il a infligé à Pierre de Lage, prêtre religieux de Grandmont, lui fait un don pour obtenir son pardon . Aux nones de novembre 1254, Aymeric du Mont habitant aux Cars, vend au prieuré son villard appelé de Vernh, situé au mas des Boys, près des Cars pour la somme de 30 sols . Le 17 Kal décembre 1258, Jean Léonard donne une rente de douze setiers de froment .


Saumur était habité par quatre religieux en 1285. Elle possédait une annexe sur laquelle nous avons fort peu de renseignement : Les Croix. Elle se trouvait sur le territoire de la paroisse voisine de Rilhac-Lastour, et possédait une chapelle à la dédicace de Sainte-Croix. On pense qu’elle avait été fondée sur une initiative seigneuriale, et qu’elle possédait peut-être la croix reliquaire se trouvant actuellement dans l’église des Cars. Cette croix fut certainement transportée à Saumur lors de la fermeture de cette annexe, puis récupérée par Charles, comte des Cars, à la fermeture de la celle de Saumur au XVIIe s, sans doute sous prétexte de récupérer une donation de sa famille. Il la fit monter sur un pied à ses armes et à celles de sa femme, Anne de Bessey. Il est évident que le pied armorié a pu constituer, au moins dans l'esprit, des seigneurs ultérieurs, une justification de leurs droits sur le reliquaire.
Il ne s'agit bien sûr que d'une hypothèse, mais celle-ci aurait l'avantage de conforter la parenté de ce reliquaire de la Vraie Croix avec des objets avant appartenu à l'abbaye de Grandmont ou au moins provenant d'un atelier ayant travaillé pour elle. Dans le cas où cette supposition se vérifierait, il resterait une alternative ; l'abbaye de Grandmont aurait pu envoyer reliques et reliquaire à sa celle de Saumur comme cela s'est régulièrement produit dès la fin du XIIe s.. Ou encore la celle de Saumur a pu entrer en possession d'un fragment de la Vraie Croix et s'adresser à son abbaye-mère où un atelier travaillant pour elle, pour faire réaliser le reliquaire.
Il convient alors de signaler que Saumur aurait eu comme annexe dès avant 1 295, une ancienne petite celle appelée Les Croix ou La Croix sur la paroisse voisine de Rilhac-Lastours et doté d'une église au titre de Sainte-Croix. Cette celle devait sans doute, comme Saumur, sa fondation due à une initiative seigneuriale écrit Jean-François Boyer dans une étude parue récemment
Le 4 des ides d’Août 1291, Seguin, co-seigneur de Lastour accorde au correcteur de Saumur la main-levée d’un setier de froment, mesure de Lastour, légué audit Salmur par feu Hélie de la Font, curé de Jourgnac
Elle fut unie en 1317 au prieuré du Châtenet.
Comme tous les autres correcteurs des annexes de l’abbaye le correcteur de Saumur est prié de payer la portion due par le prieur du Châtenet insolvable, à l’abbé commendataire de Grandmont, M Allemand, évêque de Cahors.
Considérée comme bénéfice elle fut donnée à des prieurs commendataires.
La première prise de possession retrouvée est celle de François Chautard en 1558 ; il fait promesse de vie régulière. Il gardera ce bénéfice jusqu’en 1561. Galtery de Vidinille sera le nouveau commendataire.
Le 30 juillet 1581, une collation en latin est faite par François de Neuville du prieuré de Sainte Marie de Saumur, devenu vacant par le décès de Galtery de Vidinille, « le pénultième jour de juillet 1581, présents Léonard du Puygoursaud, prieur du prieuré Saint-Pregerti La Plaigne et Léonard Largoux de La Soumagne ». La procuration est faite le même jour. Le « pénultième jour de juillet 1581, à Grandmont par Vénérable Frère Thomas Chastaing, religieux de l’abbaye de Grandmont qui prend comme procureur Vénérable Frère Jehan Mosneron, religieux de ladite abbaye et prieur de Badeix. Présents : Sylvestre du Coudier et Jehan Mosneron, notaire soussigné, commissaires et jurés sous le scel des châtellenies de Grandmont et Saint Sylvestre.
Prise de possession, par Vénérable Frère François Mosneron, religieux de l’abbaye de Grandmont “ ayant les genoux en terre, baisant le grand autel, là où on a accoutumé célébrer messe ”.Il en a requis acte au notaire qui lui a été concédé en présence de Léonard Forest, clerc du bourg du Palais et Léonard Le Petit, charpentier demeurant audit Saumur (ce dernier n’a pas signé).
Signé J. Mosneron, notaire apostolique »
En Janvier 1583, frère Thomas Chastaing, religieux de Grandmont reçoit la collation du prieuré ou cellule de Saumur, en remplacement de Galtery de Vidinille, décédé le pénultième jour de juillet 1581. Il en prend possession par procuration donnée à Me Jehan Boyssières, notaire royal de la ville de Limoges.
« À Limoges, le 3e jour du mois de Janvier 1583, personnellement Maître Jehan Boyssières, notaire royal habitant la ville de Limoges, lequel au nom et comme procureur de Frère Thomas Chastaing, prieur du prieuré ou cellule de Notre Dame de Saumur, a insinué la collation faite audit Chastaing dudit prieuré ou cellule de Saumur, plus la procuration constituée par ledit Chastaing pour prendre possession dudit prieuré de Saumur, avec l’acte de prise de possession
Collation en latin faite par François de Neuville du prieuré de Sainte Marie de Saumur, vacant par le décès de Galtery de Vidinille, le pénultième jour de juillet 1581, présent Léonard du Puygoursaud, prieur du prieuré Saint-Pregerti La Plaigne et Léonard Largoux de La Soumagne.
Procuration faite le pénultième jour de juillet 1581, à Grandmont. Vénérable Frère Thomas Chastaing, religieux de l'abbaye de Grandmont prend comme procureur Vénérable Frère Jehan Mosneron, religieux de ladite abbaye et prieur de Badeix. Présents: Sylvestre du Coudier et Jehan Mosneron, notaire soussigné, commissaires et jurés sous le scel des châtellenies de Grandmont et Saint Sylvestre.
Prise de possession, par Vénérable Frère François Mosneron, religieux de l'abbaye de Grandmont « ayant les genoux en terre, baisant le grand autel, là où on a accoutumé célébrer messe ».II en a requis acte au notaire qui lui a été concédé en présence de Léonard Forest, clerc du bourg du Palais et Léonard Le Petit, charpentier demeurant audit Saumur (ce dernier n'a pas signé).
Signé J. Mosneron, notaire apostolique
Ces deux prises de possession successives laisse perplexe ; le frère François Mosneron était-il resté en possession du prieuré jusqu’en janvier 1583, date à laquelle Thomas Chastaing était mis en possession du bénéfice. La confusion qui régnait alors dans toutes les annexes à cette époque comme on l’a vu au Rousset, à Étricor en est certainement la cause.
En 1610, il n’y a plus de corde pour sonner la cloche de l’église et l’église est en masure, dit Nadaud dans son Pouillé, et J.R Gaborit conclut que toute vie religieuse avait cessé selon toute vraisemblance à cette époque . Saumur de 1569 à 1652, était possédé par des religieux désignés par l’Abbé ; donc un simple bénéfice. En 1594, l’administrateur du Châtenet était le frère Rigal de Lavaur futur 19e abbé de l’Ordre, puis en 1599 Albert du Coudier qui avait la jouissance du Cluzeau, de Malgorce, de Pourrières, et de Saumur . Le Châtenet se trouvant dans les quatre prieurés vacants après le « joyeux avènement » de l’abbé François de Neuville en 1576, celui-ci le mis sous la direction de sa parente Anne de Neuville. Saumur annexe du Chatenet ne fut donné aux religieuses grandmontaines qu’en 1606. La collation en fut faite à Antoinette Robert de Salers qu’à cette époque, et confirmée dans sa prise de possession en 1610
« A Limoges le 21ème jour de février 1611, Présent Léonard Loubertz en personne au nom de procureur de Soeur Anthoynette Robert, a insinué la provision ou collation faite à ladite Dame Robert par la Dame de Chastenet du prieuré de Saumur, plus l'acte de prise de possession d'icelui prieuré desquelles pièces la teneur s'ensuit:
Nous Marguerite Robert de Saler, prieuresse du prieuré conventuel de Notre Dame du Chastenet, ordre de Grandmont, diocèse de Limoges à soeur Anthoinette Robert, religieuse audit prieuré du Chastenet, salut en Jésus Christ; comme le prieuré de Saumur de notre ordre et dépendant de notre dit prieuré du Chastenet, et dont la collation et totale disposition nous appartient à raison dudit prieuré, soit à présent vacant par quelque guerre ou forme de qui peut être nous désunit, que ledit prieuré soit bien et saintement administré selon ledit ordre, duement certifiée de votre probité, bonne et sainte vie, vous conférons ledit prieuré de Saumur avec ses appartenances et dépendances, pour le tenir et en disposer ainsi que votre discretion en avisera; mandons au premier prêtre ou clerc ou le prieur vous mettre en la possession réelle dudit prieuré Notre Dame de Saumur, en foi de quoi nous avons signé ces lettres .
Aujourd'hui le 15 décembre 1610 a comparu Léonard Loubert, praticien, habitant de la ville de Limoges, en vertu de la procuration qu'il a de Soeur Anthoinette Robert, religieuse au prieuré du Chastenet a été pourvue du prieuré Notre Dame de Saumur au présent diocèse, un des membres et annexe du prieuré du Chastenet, ordre de l'Abbaye de Grandmont, procuration faite par Dame Marguerite Rober de Saler prieuresse du prieuré conventuel du Chastenet. »
Le sieur Léonard Loubert, va avec le notaire sur les lieux
« Le lendemain ils se sont acheminés audit lieu de Sauveur, près du bourg d'Escars, en la compagnie dudit Loubert, de Me Guillaume Former, audiancier au siège présidial et Pierre Guytard, habitants de Limoges . Sur les lieux ils ont trouvé Pierre de Courty dit petit Pey, François Arnault, Pierre Bourdaul, un nommé Ménigou, Flourat dit pénouty, Anthoine Flougnest, Martial Arnault dit courty, Martial Verr, habitants dudit lieu, co-tenanciers ou habitants dans les domaines dudit prieuré de Saumur ses appartenance et dépendances comme ils ont dit en la compagnie de plusieurs autres; nous étant sur les lieux, nous ont montré la mazure d'une église, presque ruinée en laquelle y a encore le grand portail, le pignon du coté d'icelui entier avec le grand autel et aucun desdits tenanciers nous a dit y avoir lieu célébrer et deservir la messe pour les trente ans derniers, jusqu'à ce qu'il a été tenu et joui par le sieur de Gautier, du bourg d'Escars auquel ils ont toujours payé les devoirs sur ledit prieuré, même qu'il a une métairie dans le village de Saumur, si bien que l'église ayant été ruinée plusieurs personnages auraient emporté la pierre de taille d'icelle et par ce moyen le culte divin aurait cessé; de quoi ledit Loubert a requis acte et néanmoins sommé en vertu de sa dite procuration de mettre en réelle, actuelle et corporelle possession dudit prieuré, ce que lui avons accordé et avons icelui pris par la main, mis et placé en la réelle, actuelle et corporelle possession, ses appartenances et dépendances dudit prieuré par l'entrée en ladite grand porte de ladite église, baisement du grand autel, n'y ayant aucune cloche, le tout es présence de dits propriétaires et cotenanciers »
Ils se sont retirés du bourg d'Escars et ils sont retournés à Limoges; d'où acte concédé. .
Devenu simple domaine, un accord avait été passé dans le bail obligeant le tenancier à s’acquitter des messes de fondation auprès d’un prêtre séculier du voisinage mais cet acte nous dit bien que cela n’était plus le cas à Saumur depuis trente ans en 1610 !
Saumur n’étant plus qu’un bénéfice on ne trouve plus dans les archives de l’Ordre que des actes en rapport avec sa gestion. En Juillet 1605, Antoinette Robert de Saler est chargée de l’administration du bénéfice. En 1613, un jugement contre l’attribution d’une rente contre un tenancier est dressé , et en 1614 l’abbé Rigal de Lavaur confirme Antoinette Robert de Saler
dans ses fonctions. Puis on trouve une vente faite par Antoinette de Saler le 3 août 1623 à Antoine Flourquet, Arnaud Maral et Rebière Mingout
Son revenu était peu élevé, estimé à 30 livres moins 7 livres d’imposition au début du XVIIIe siècle, et à 40 livres en 1731 dans un état produit à l’appui d’une demande de secours adressée au Roi . Puis dans un état de XVIIIe s. on apprend que le bien n’a pas trouvé preneur et se trouve sans revenu .
En 1814, le cadastre garde un lointain souvenir de son ancienne destination. Il parle d’un couder et d’un jardin portant le nom d’ancien couvent.

Photos du père Jean Becquet (juillet 1982)

croix
remplois
la table d'autel
site
colonne du cloître remploi porte bouchée
base poteau
site  

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d'autres photos du lieu (février 1989)

table d'autel et croix la croix la table

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