Muret (Hte Vienne)

Sur la commune d'Ambazac.

C'est de là que tout est parti. Il reste cet oratoire, le rocher sur lequel priait St Étienne, sa vasque où il se lavait, et le cadre toujours d'une grande splendeur. La photo ci-contre a été prise après la tempête de 1999, et ne donne pas la somptuosité du décor. À voir absolument.

 

Vestiges :
Le rocher de saint Etienne avec ses entailles, ses trous et ses zones aplanies qui restent les seuls traces visibles de la première cella, ainsi que la fontaine et sa vasque, et une vue qu’aucune présence humaine n’altère, sont toujours visibles dans leur cadre d’origine; un pèlerinage incontournable. À quelques mètres au nord-ouest, on a retrouvé les fondations d’une petite chapelle (5 x 3m environ) qui dans sa construction actuelle paraît être un édifice du XIIIe siècle construit de façon assez rustique avec le chevet au nord-ouest
À 500m de l’ancienne celle, seul reste le bâtiment occidental du second monastère construit au XVIIe siècle (1674), pour servir de noviciat, puis d’habitat pour le religieux administrateur.
Au début XIIe s, la première celle de Muret où vécut et mourut saint Etienne de Muret, correspond à une construction sommaire et peu onéreuse qui se résume à une simple église et des masures (lieux de vie quotidienne). Cette construction est implantée dans un bois suffisamment vaste pour protéger les frères grandmontains du monde séculier, mais également pour subvenir aux besoins de la petite communauté. D’après La Marche de Parnac, le monastère de Muret consistait en une église avec une abside en hémicycle, avec au sud des bâtiments réguliers
En 1747, par l'entremise de Yrieix Pichon, sont entrepris des travaux de nivellement. Des vestiges d'édifices religieux datant de l'époque romane, mais également de l'époque gothique (fûts de colonnes, chapiteaux, clefs de voûte, pieds-droits, bénitiers...) sont découverts.
Des fouilles seront engagées dans le champ situé à gauche de cette habitation et mettront à jour des constructions de « masures ». Les traces des édifices et le cadre des imposantes proportions des constructions sont encore visibles.
* Par rapport au plan, on peut situer : l'église sise dans la partie A de la parcelle n°1384
* Le « Bois du cimetière » à emplacement du cimetière sur la parcelle n°1382
* Les corps d'habitation et le cloître dans la partie B
* Les bâtiments d'exploitation accessibles par le sentier d'arrivée dans la partie C
* La porcherie et le coudert sur les parcelles 1394 et 1392
* Le séchoir sur la parcelle 1389

Histoire :
Saint Etienne s’installa sur la colline de Muret en 1076. Il y vécut seul la première année. Un disciple vint en 1077. Touché par sa grande sainteté, il se mit sous sa discipline en acceptant « d’être cloué à la croix, d’être un rustre paysan, porteur de bois et de fumier, de chauffer le four, de travailler aux champs avec un hoyau de bois » . Le Père Frémon dit qu’il le vêtit d’une robe ou tunique de grosses étoffes de laine, sans aucune ceinture, avec un scapulaire par-dessus, dont le capuce était en pointe . Peu de temps après un troisième se joignit à eux. Ils restèrent seuls pendant quelques années, mais l’odeur de sa vertu fit venir un certain nombre de disciples. Il est dit dans la vie d’Hugues de Lacerta que lors de son acceptation par saint Étienne en 1111 : « En ce temps-là Maître Étienne avait déjà reçu récemment quelques disciples bien que peu nombreux » . Jusque-là ils se logeaient chacun dans une « cellule », qui ne devait être que des huttes faites de branchages, couvertes de feuilles, comme les font nos feuillardiers. La literie était de simples planches de bois jointes entre elles à la manière d’un cercueil . Un oratoire les réunissait pour la psalmodie de l’office canonial ordinaire, sans hymne. Pas de chants, il faudra attendre le XIIIe siècle pour que des hymnes liturgiques soient introduits à Grandmont , comme il fallut l’arrivé d’un prêtre, Étienne n’était que diacre, pour qu’on puisse célébrer la messe et le partage du corps et du sang de Jésus-Christ. Henry de la Marche de Parnac décrit ainsi les premiers temps de l’Ordre : « Saint Étienne se proposa de bâtir un Monastère, où il put avec ses frères mener une vie commune et régulière, en conservant toujours l’esprit de la vie solitaire. On ne sait pas précisément quand le Monastère de Muret fut commencé ; on assure seulement qu’il fut achevé le 10 septembre 1112, et malgré toute la précaution que le Saint avait prise pour ne point bâtir sur un fonds sans en avoir auparavant obtenu le don par le propriétaire légitime, conformément en ce qui est ordonné dans le 30 chapitre de la Règle. Il y fut trompé le premier, celui de Muret ayant été disputé après sa mort. Le bâtiment fut bientôt parfait, aussi n’était-il pas fort magnifique. ; l’église subsiste encore aujourd’hui (1704) telle qu’elle fut bâtie, avec quelques restes du Monastère, le tout d’une structure fort simple ; il y en a qui croyent que l’impératrice Mathilde, mère d’Henry II, Roy d’Angleterre, contribua à ce bâtiment, mais cela est impossible, s’il est vray comme nous l’apprenons de l’Historien d’Angleterre, qu’elle soit née qu’en 1104 ….Après que le Monastère fut achevé, les Religieux furent tous logés dans de petites cellules de six pieds en carré, avec une petite fenêtre de six pouces de largeur par le dehors, et de quatre pieds de hauteurs ; en sorte qu’il n’y avoit de place au dedans que pour une couchette de deux pieds et demy de large, et le couloir de la porte à la fenêtre ; c’étoit là où se retiroient ces Anges de la solitude pendant la nuit, et pendant le jour, lorsque les exercices communs ne les appeloient pas ailleurs ; comme quand il falloit aller à l’Église, au réfectoire, au travail, et aux conférences ; ils chantoient règlement tous les jours l’Office canonial, et on recitoit de même les Offices de la Vierge et des Morts, ce qui se pratique encore fort exactement »
Devant le nombre croissant de disciples, une église fut construite et achevée et consacrée par l’évêque de Limoges, Eustorge, le 10 septembre 1112 ; elle possédait une abside en hémicycle. Au Sud de cette église, des bâtiments réguliers furent construits. Le 27 janvier 1124, saint Étienne reçoit la visite de deux légats pontificaux, le cardinal Grégoire Papareschi, qui sera élu Pape en 1130, (Innocent II) et le cardinal Pierre de Léon, « envoyé en France par le Pape Calixte II chargés d’une mission, ils étaient venus à Limoges, contraints par une nécessité ecclésiastique » . Ils furent reçus par saint Étienne et son disciple préféré Hugues de Lacerta. Rien ne transpira de l’entretien. Par la suite le disciple d’Hugues, Gui de Miliac reçu en confidence « les secrets de son cœur en un discours intime » .
Mais ce que Muret fut pour les premiers disciples est résumé dans ces quelques phrases : « lorsque, après un demi-siècle de pénitence et de travail, saint Étienne de Muret était près de mourir, ses disciples, déjà nombreux, ralliés autour de sa couche, se laissèrent aller à des plaintes naïves : « très Saint père, disaient-ils tout le temps que nous avons été en votre compagnie, Dieu, pour l’amour de vous, nous a donné le nécessaire ; mais après votre mort, comment pourrons-nous vivre ? Les choses temporelles s’en vont avec vous : qui nous sustentera désormais ? » ; et il leur répondit en les exhortant au détachement et à la confiance. « ayez pour certain, dit-il, que j’ai passé près de cinquante années dans ce désert, les premières dans une grande disette, les dernières au sein d’une grande fertilité. Je n’ai manqué en ma pauvreté de rien de nécessaire ; je n’ai pas eu de superflu au sein de l’abondance » .
L’abbé Nadaud ajoute : « Toute la vie, toute la puissance des ordres monastiques agricoles, sont exprimées en ces quelques mots. Ces sentiments généreux ne prennent pas une égale puissance dans toute les âmes. »
En 1125, après la mort de saint Etienne, « les moines bénédictins de Saint-Augustin-lez-Limoges, possesseurs du prieuré d’Ambazac, se rappelèrent leurs titres à la possession de cette solitude déjà défrichée, et les pauvres disciples durent s’enquérir d’une autre demeure . N’en trouvant pas de convenable, ils laissèrent à la Providence le soin de la désigner, ». Les bénédictins étaient-ils jaloux de l’affluence du peuple venant rendre hommage au tombeau de saint Etienne ? Ce qui est sûr c’est qu’ils envoyèrent un grand nombre d’habitants d’Ambazac pour maltraiter les religieux. Ceux-ci supportèrent avec une patience inaltérable l’affront, mais prirent la résolution de quitter Muret. Au cours d’une messe à laquelle tous les religieux assistaient, et priaient pour que le Seigneur leur indique une solution, au troisième Agnus Dei (dona nobis pacem), une voix céleste cria au-dessus de l’autel :”A Grandmont ! À Grandmont ! À Grandmont !”. Le lendemain le Père Prieur envoya deux religieux voir le lieu. Le site indiqué ne semblait pas être des plus confortables, mais il était propre à la prière, et à la méditation. Les religieux quittérent Muret le 25 juillet 1125, pour Grandmont, emportant le corps du saint anachorète avec eux. Une petite communauté grandmontaine revint quelques années après, sous le priorat d’Etienne de Liciac, les moines bénédictins ayant fait amende honorable, pour y refonder une petite communauté. Ils reconstruisirent une nouvelle celle selon le plan habituel à quelques distances (200m) de l’oratoire primitif, et creusèrent un étang .
Quant Hugues de la Certa passa à Muret, en revenant du Chapitre tenu à Grandmont, le 10 septembre 1156, il y avait à Muret un prêtre et un clerc qui célébrait la messe, et quelques clercs. C’est là qu’il eut la vision de saint Étienne accomplissant ses fonctions de diacre à l’autel, lui tendant la main comme pour l’appeler. Son compagnon de route, Guy de Millac rapporta ce miracle après la mort d’Hugues de la manière suivante :
« Comme ils descendaient de Grandmont et se dirigeaient vers notre maison du Châtenet, voilà que les frères sonnaient la cloche de l’église de Muret pour la messe. En l’entendant, Hugues dit à son compagnon : « Frère, allons à Muret, et si Dieu le veut, nous pourrons assister aux solennités de la messe ». Se détournant donc vers Muret, ils entrèrent en hâte dans la maison de prière. Le prêtre de cette celle se préparait seul, avec un seul ministre, à célébrer la messe. Hugues s’étant relevé de sa prière et ayant levé les yeux avec attention vers l’autel, vit soudain saint Étienne, revêtu des ornements de lévite et resplendissant de lumière, servant comme diacre à l’autel et le prêtre en tout honneur et dévotion… ». Plus loin dans le texte, Hugues « appela un des frères qui étaient dans l’église et lui demanda combien il y avait de ministre de l’autel ». Sur la réponse affirmative de celui-ci qu’il n’y avait qu’un prêtre, et un assistant, il comprit que lui seul avait eu cette vision. Pour en être certain « Le frère ayant regagné sa place, le Bienheureux Hugues en appela un autre, en lui posant à plusieurs reprises la même question… » D’après ce texte, il y avait donc à Muret le prêtre, l’assistant, et au moins deux frères qui assistaient à la messe, ce qui fait un minimum de quatre religieux à Muret en 1154. Si l’on se réfère au texte de la Vita Hugonis ch. 49 , il est dit que Hugues de la Certa et son compagnon, Guy de Millac n’étaient pas (invités ?) au chapitre de Grandmont. Hugues était simple frère convers et peut-être que seuls les clercs étaient invités. Déjà la scission entre ces deux corps se faisait jour dans la vie de la communauté. Ils ne font qu’un court passage à Grandmont pour « visiter notre pasteur » et repartent aussitôt. Venaient-ils porter la pension ? « Le lendemain, après avoir reçu la bénédiction, ils entreprirent de rentrer. Voulant entendre la messe et voir les frères, ils s’en allèrent en hâte à Muret, où l’on célébrait la fête de la Dédicace de l’Église. À leur arrivée, les frères comme ils le devaient les accueillirent avec grande joie… La cérémonie de prime étant achevée (8h du matin) le premier des prêtres commença la messe dévotement et solennellement ». Donc une messe avec diacre et sous-diacre. C’est à ce moment qu’Hugues eut sa vision. « Le service divin achevé, le vénérable père disparut aux regards de son disciple. Celui-ci, sorti de l’église, appela aussitôt les frères, ordonna de lui amener les montures et se mit à presser fortement son compagnon de hâter leur départ. Mais les frères de Muret de dire : « Père et frère, et même Maître, il est impossible que vous entriez chez nous aujourd’hui, et qu’aujourd’hui vous vouliez partir ». Mais lui de répondre : « frères et Maîtres, il le faut ainsi ». Guy de Millac continue ainsi : » J’ai tiré cette conclusion de ce que les frères, complètement stupéfaits, vous ont vu vous tenir à l’église d’une manière inusitée ». A quoi Hugues répondit : « Mon Maître m’a appelé aux noces de l’Agneau sans tache ».
« En 1194 ou 1196, l’abbé de Saint Augustin-lez-Limoges du consentement de son chapitre, et du prévôt d’Ambazac, donna aux moines de Grandmont pour la maison de Muret, toutes les dixmes, bois, rentes, cens, droit paroissial, qu’il avait à la Cluze, à Boucherie, à la Betoule, et au mas de la Masse » . Par cet acte, les moines bénédictins de St Augustin-lez-Limoges finissaient de réparer la faute d’avoir chasser les premiers disciples de St Étienne de leur solitude de Muret en 1125.
La communauté reçue des dons en 1208 d’Aymeric de Laille, sur un pré qu’il avait, joignant la forêt de Muret, une maison et plusieurs autres biens . En 1220, c’est Pierre Granet, devant prendre l’habit de convers à Grandmont, donne la terre de la Villette près de Muret, deux setiers de seigle, plus 8 deniers et deux gelines de rente qu’il assigna sur le village des Tenelles .En l’an 1233 : « Pierre Brun escuyer et David Brun chanoyne de St Junien donnèrent à Grandmont et spécialement à la maison de Muret, le village de Quars , ’inférieur (alias de bas) ou Petit Quars, avecque les appartenances dudit villaige, comme appert par le tiltre de ladicte donation faicte l’an 1233 ». .
En 1247, Aymeric de Las Leu, écuyer, et Marie, sa femme, donnèrent deux setiers de seigle sur tous leurs biens, et en 1258, Jourdain de Montcocu, donna 4 setiers de seigle (mesure d’Ambazac, qu’il assigna sur le village de Las Leu). En 1262, Messire Pierre Arnaud, chevalier, en la présence de Messire Guillaume de Razès, chevalier, donna à Grandmont et spécialement à la maison de Muret, 30 sols de rente, qu’il assigna sur le village de Beaubiat, paroisse de Bersac. Le samedi après Pâques 1288, Hélie de Boschiat donna du vin sur ses vignes sises près des Teulières, et deux années d’arrérages de ladite rente . Était présent à la rédaction de cet acte : Jacques de Boscheto, Pierre de Fonte, Hélie Campagnol, Guillaume Dauceta, Bernard Quittam, clerc, Mathieu de Benin, clerc britone.
En 1295, 5 clercs l’habitaient plus quelques convers. Dans l’Institution de 1314 institué par le Pape Clément V, celle-ci doit désigner Muret comme maison apte à recevoir les novices. Mais en 1317 le Pape Jean XXII ne retint pas Muret pour cette mission. La celle fut unie à Grandmont, perdant ainsi son patrimoine au profit du chef d’Ordre. C’est ainsi que dans le terrier de 1496, Muret n’apparaît que dans quatre notices, (une sur la paroisse de Bersac, et trois sur celle d’Ambazac) ce qui donne l’étendu des disparitions de ses richesses foncières , et devient une annexe sans grande importance. Toutefois la conventualité s’y maintint jusqu’au XVIe siècle, mais dû abandonner ses bâtiments qui avaient déjà souffert lors des guerres entre roi de France et d’Angleterre, et devant le manque d’entretien, étaient devenu inhabitables . Il ne resta sur place qu’un religieux chargé de gérer le bien. Bollandus écrivait :
“Cette maison de Muret, consacrée par la retraite de saint Etienne, et le premier établissement de tout l’Ordre, reste absolument déserte. Cependant, à un jet de pierre environ des ruines du monastère, on peut voir encore l’ermitage du saint » .
À la fin du XVIe s. l’abbaye de Grandmont étant fort éprouvée par les guerres de religion, les religieux se replièrent à Muret et y élirent leur Abbé : “pour apaiser la colère de Dieu, les conventuels de l’Abbaye, avec les novices et les habitants du lieu, se rendirent en procession au prieuré de Muret le 3 novembre 1598 ; là, François Dumont, l’ancien de la communauté, exposa que les prieurés de l’Ordre étaient possédés par des commendataires, et qu’après la mort de l’abbé François de Neuville, plusieurs gentilshommes s’étaient emparés de la maison de Grandmont et que les vocaux avaient été forcés de nommer pour Abbé, François Marrand, religieux de l’Ordre. Les religieux espéraient qu’il se ferait confirmer par le Pape, comme il est porté par les statuts, mais il n’en fit rien. On l’accusait même de favoriser les Huguenots, et de vouloir leur livrer la maison... On chanta alors à Muret une messe du Saint-Esprit, et tous les religieux d’une voix unanime, y nommèrent frère Rigaud de Lavaur, à condition qu’il se ferait confirmer par le Pape. Ils s’en retournèrent ensuite à Grandmont chantant des actions de grâce “.
Ce pèlerinage de Grandmont à Muret était dans la tradition de l’Ordre. Chaque année les religieux se rendaient en procession de Grandmont à Muret, pour honorer leur fondateur. Les diacres portaient l’un après l’autre pendant le trajet (10km) la dalmatique du fondateur. Ce qui laisse penser que la dalmatique de saint Etienne avait été portée par un nombre important de diacres, surtout que chacun d’entre eux l’avait déjà portée lors de leur accession au diaconat, et cela durant les quelques siècles de l’existence de l’Ordre. On comprend son degré d’usure et les travaux importants de restauration que l’on du entreprendre dernièrement.
. Un bâtiment fut reconstruit un peu plus haut avec les pierres du monastère. Sur un linteau, on peut voir la date de son édification : 1674, soit vingt ans après la mort de Bolland. En 1747, un état descriptif des propriétés de la région d’Ambazac désigne comme occupant du Grand Muret : « Pichon Yrieix, cultivateur, Procureur de l’Abbaye de Grandmont, au Grand-Muret » . À la dissolution de l’ordre, après la mort de l’abbé général de la Maison-Rouge, l’ancien procureur de l’Ordre, Dom Yrieix Pichon demanda à l’évêque de Limoges de finir ses jours, où plus de sept cents ans son Ordre avait pris naissance. La permission fut donnée sa vie durant de jouir de la Maison et du petit domaine, ainsi que de la chapelle et des ornements nécessaires, le 1er Janvier 1789 . Il vint s’y retirer jusqu’à sa mort. Il célébrait la messe dans la vieille chapelle dédiée à la Sainte Vierge.
En 1788, tous les anciens bâtiments étaient tombés ainsi que la grande église dont la voûte était tombée d’après Nadaud en 1725. L. Guibert pense que le “savant ecclésiastique” avait fait une confusion avec Grandmont . Cela n’est pas sûr, car à cette même époque Étricor également eu sa voûte effondrée. Il semble que tout ces dégâts furent la conséquence d’un mouvement sismique qui frappa le Limousin.
En 1790, il n’existait plus que la maison construite en 1674 avec la vieille chapelle. On trouve dans les registres paroissiaux d’Ambazac ce texte le prouvant :
“Aujourd’hui, vingt-neuf août mille sept cent quatre-vingt-dix, en présence de M. le Maire et MM les échevins et d’une très grande partie de la paroisse, assisté du Procureur de la République, nous nous sommes transportés en procession à la chapelle du Grand-Muret où était déposée une chasse envoyée à la paroisse par Mgr l’évêque de Limoges, contenant, suivant le procès-verbal y inclus, une boîte de bois contenant un os de la jambe de Saint Etienne de Muret, avec la dalmatique enveloppée dans une étoffe ; et en avons fait la translation dans l’église d’Ambazac, où nous l’avons exposée à la vénération des fidèles ; en foi de quoi nous nous sommes soussignés.
ont signé : Clément, maire; Muret Jean, avocat; Dubreuil, échevin ; Roche, échevin ; Vizard, major de la Garde Nationale ; Cramaille, curé ; Cramaille, vicaire – Ambazac ”.
À la Révolution, le domaine fut vendu :
“Commune d’Ambazac - Un petit domaine appelé Muret, dépendant du ci-devant Abbaye de Grandmont, estimé 4.070 livres, adjugé 5.300 livres. ”
Et enfin ce document faisant la lumière sur la disparition de la vieille chapelle ; une disposition
testamentaire reçue par Me Martial Maury, notaire à Ambazac, le 5 juillet 1832, :
“ Je dois à Antoine Jouhandaud, journalier à Brutin, la somme de six cent soixante-dix francs, pour reste du marché entre nous, de ce qu’il doit finir de déblayer les masures, derrière ma maison, où était l’ancienne église, et au-delà, afin de rendre ce terrain à l’agriculture...”
Jean Lafont,
propriétaire, cultivateur demeurant au Grand Muret. “
Pendant tout le XIXe siècle, comme l’avaient fait les religieux grandmontains aux siècles précédents, de Grandmont à Muret, une procession était faite par le clergé d’Ambazac, portant la châsse de saint Etienne, d’Ambazac à Muret, le jour de l’Ascension. Cette procession commémorative fut supprimée en 1903 . Au début du siècle le propriétaire M A. Delafontaine transforma l’emplacement des ruines du monastère et de la grande église, en parc.

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