Charles Frémon (30/07/1611 Tours -13/11/1689 Thiers)

 

Au XVIIe siècle pour lutter contre le relâchement qui régnait dans l'abbaye et ses prieurés, Charles Frémon fonda l'Étroite Observance. Né le 30 juillet 1611 à Tours dans une famille de treize enfants. Sa mère le forma très jeune à la prière et à la charité envers les pauvres. À 11 ans, sa mère voulue le mettre à l'abbaye de Marmoutiers, mais comme la règle était mal observée, il refusa d'y aller. À 12 ans, il apprend le commerce chez un marchand de soierie à Nantes. Il compose un opuscule :" Les moyens propres à sanctifier un marchand dans son négoce". Avant de partir à Paris pour continuer à se perfectionner, il va voir son frère Alexandre, qui faisait son noviciat dans l'ordre de Grandmont à Bois-Rahier. Il est frappé par la solitude et le calme du lieu. Le jour de la Saint Denis dans la crypte de la vieille église de Montmartre il demande à Dieu de lui consacrer sa vie. Il entre chez les Capucins de Blois, et part faire ses études à Orléans en janvier 1628. Son année d'étude finie il demande à entrer à Bois Rahier, et le 27 octobre 1629, à l'âge de 18 ans il reçut l'habit de St Étienne.
Étudiant la règle de l'Ordre, qui n'était pas appliquée, il se mit en devoir de la suivre à la lettre. Étant seul, il devint la risée des autres moines, aussi le supérieur prit la décision de l'envoyer à Bercey, distant de 15 lieues. Il y restera que cinq mois, mais il gardera toute vie le souvenir d'un lieu idéal de calme au milieu de cette grande foret. À 20 ans, il n'était pas prêtre, mais déjà quelques moines l'admiraient et demandaient de revenir avec le frère Charles à la pauvreté et à la régularité. Il profita d'une visite de l'Abbé de Tautal pour lui exposer ses desseins, ce dernier sembla avoir compris, lui demanda d'attendre, mais ne prit aucune décision. Charles au bout d'un certain temps relança l'Abbé, qui ne prit pas la peine de lui répondre. Après qu'il eut reçu, le 23 septembre 1634, le sous-diaconat à Paris, le Prieur lui ordonna au nom de l'obéissance, de prendre le régime de tout le monde. Mais Charles écrivit à l'Abbé de Tautal qui en prit ombrage, et lui demanda de se préparer au sacerdoce, qu'il reçut le 22 septembre 1635. Quelque temps après le prieur devant se rendre à Grandmont, pour élire le nouvel Abbé, et resté seul prêtre à Bois-Rahier, il en profita pour exhorter ses frères. Le nouvel Abbé l'appelait auprès de lui à Grandmont. À 28 ans, il est nommé Prieur de Grandmont. Cela provoque des jalousies, on doit lui retirer la charge, et on l'envoie comme aumônier des religieuses du Châtenet, puis supérieur du Collège de Paris, Vicaire général et Procureur de l'Ordre. À Pâques 1641, il est visiteur et en profite pour rallier à l'idée de fonder une réforme plusieurs religieux. Le père Boboul est son premier compagnon. L'Abbé lui donne Époisses, près de Dijon, pour y faire sa réforme. Le prieur commendataire qui ne voulait pas faire de réparation vit d'un très mauvais œil l'arrivée des deux religieux, et demanda à son fermier de ne rien leur donner. Ils vécurent les premiers temps avec la charité donnée en cachette par la femme du fermier. Encouragés par le Supérieur des Jésuites de Dijon ils envoyèrent un huissier à Époisses pour avoir la jouissance de la maison. Bientôt un prêtre et un convers munis d'une permission de l'Abbé venait se joindre à eux. Mais ils ne voulaient suivre que leur fantaisie. Le convers fut rappelé à Grandmont et mis en prison, quant au prêtre, il empoisonna le père Charles avec de la ciguë. Le père Charles en fut très malade mais survécu. Toute sa vie, il souffrira de cet empoisonnement. Un an plus tard, son frère Alexandre, visiteur de Bourgogne, approuva solennellement la réforme de son frère. C'est alors que la ville de Thiers écrivit au Père Charles pour lui demander de fonder un établissement dans la ville qui avait vu naître l'initiateur de l'Ordre. L'évêque de Clermont le pousse à acheter "la Goutte de Monthault" au bas de la ville, en bordure de la Durolle. Des donateurs y ajoutent verger, jardin et mobilier. Le 10 avril 1651, il célèbre la messe dans cette nouvelle fondation. Peu de temps après, le 1er juillet 1651, il reçoit une lettre de St Vincent de Paul lui demandant de le rencontrer à Paris ; celui-ci lui demanda d'accepter le prieuré de St Michel de Lodève. Charles Frémon refusa et décida de se fixer définitivement à Thiers. Un homme de Bussy en Forez leur proposa sa maison pour en faire un nouveau monastère. Après approbation de son Général et de l'archevêque de Lyon, il s'y rendit et y laissa le Père Rochias avec trois profès et un novice. La Réforme était désormais établie. De nouveaux postulants venaient se présenter. Bientôt le monastère de Thiers comptait quinze moines. Mais le Roi interdisant de recevoir des novices dans les maisons établies sans lettres patentes il alla le voir à St Germain en Laye. Celui-ci lui accorda sa demande. C'est durant ce séjour que quatre docteurs de Sorbonne vinrent lui demander d'accepter d'introduire sa Réforme dans deux prieurés grandmontains : la Haye d'Angers, et le Meynel. Mais Charles refusa poliment. En 1673, il est nommé Vicaire général de l'Ordre, et visiteur de plusieurs maisons. Il fit ce qu'on lui avait demandé mais il rentrait à Thiers le 10 novembre 1673 épuisé. En Novembre 1678, son frère Alexandre est élu Abbé Général de l'Ordre. Il nomme son frère le 1er Mars 1679, vicaire général, et lui donne les prieurés de Chavanon, Louye, qui devient la maison d'étude de l'étroite observance. Vieupou lui sera donné en 1683. En 1680, il tombe gravement malade, et le 1er juillet 1687, il se rend à Grandmont en litière, voir son frère Alexandre, gravement malade. Il devait mourir huit jours après. Le nouvel Abbé, Dom de la Marche de Parnac le nommait Vicaire Général de l'Ordre, et lui donnait le prieuré de Macheret. Le 6 août 1689, Dom de la Marche vint à Thiers confirmer les constitutions des Réformés et donner sa bénédiction à son Vicaire très gravement malade. Après huit jours d'agonie, le Père Charles Frémon rendit son âme à Dieu, c'était le 13 novembre 1689.

webmestre : Michel FOUGERAT

 

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