Breuil-Bellay (Maine et Loire) - celle n°79

Sur la commune de Cizay-la-Madeleine, à 1k500 au nord de Cizay au bout d'une belle allée. Son église est magnifique avec son retable du XVIIe. Il reste en outre une très belle salle capitulaire.

Pour plus d'informations consulter les "Cahiers Grandmontains" n°6.

Propriété privée

 

chevet avec retable

Grâce à son propriétaire, M POTEZ, une réhabilitation du porticum et de la porte des fidèles de la celle de Breuil-Bellay à Cizay-la-Madeleine (Maine et Loire) est en cours avec le concours de la DRAC. Toutes nos félicitations à ce propriétaire qui prend soin de la richesse de notre patrimoine grandmontain, et merci à M BRESSON de l'avoir signalé.

Pour plus d'information veuillez consulter les Cahiers Grandmontains n°41 (Mars 2010).

 

Photo de M Gilles BRESSON prise le février 2010.

Deux photos prises par M André Larigauderie en avril 2011; à gauche le chevet, et à droite le chœur.

Vestiges:
Actuellement l'église (6,40 x 32 m) est en bon état à l'intérieur mais des travaux de couverture seraient à prévoir.
La voûte de l'abside possède dix nervures rayonnantes autour d'une clef en forme d'anneau. Huit d'entre elles retombent sur des culots tronconiques surmontant des colonnes; malheureusement ces colonnes sont actuellement masquées par un retable de stuc et plâtre du XVIIème siècle.
Ce décor comporte également des motifs en terre cuite.
Au XVIIème siècle, on ajouta au triplet deux autres fenêtres, tandis que la fenêtre centrale fut agrandie pour donner davantage de luminosité au choeur.
La porte des fidèles (à quatre voussures) et celle des moines (une seule voussure) sont en plein cintre. Les voussures possèdent des tores reposant sur des chapiteaux surmontant des colonnettes.
L'étude de la porte des fidèles est rendue toutefois difficile car on a construit au début du XIXème siècle un plancher à mi-hauteur dans le "porticum" qui empêche de voir les chapiteaux.
Par contre la porte des moines est intacte. En avant de celle-ci, un peut voir un curieux "porticum" de pierre, composé d'une longue voûte en quart de cercle venant s'appuyer au-dessus de la porte des moines. Ce "porticum" repose sur une série d'arcades appareillées sans décor.
Cette disposition architecturale résulte de la transformation du bâtiment en maison d'habitation.
La salle capitulaire est l'une des plus harmonieuses de l'architecture grandmontaine, bien qu'elle ait été modifiée au XVIIème siècle au point d'altérer profondément son caractère primitif. Son ouverture sur le cloître comprend deux baies qui encadraient une porte aujourd'hui transformée en fenêtre. La voûte se compose de douze minces nervures qui reposent sur des culots tronconiques. Elles sont de même facture que celles de l'abside dans l'église.
Lors des travaux de reconstruction du monastère au XVIIème siècle il avait été mis en place un cloître voûté qui n'existe plus aujourd'hui. On peut toutefois en voir la trace des arcs formerets sur les murs.
Au XVIIème siècle on a détruit l'escalier extérieur pour en aménager un dans le passage. Cet escalier fut supprimé au XIXème siècle.
Dans l'aile Sud, le réfectoire a été très mutilé.
Il existe deux caves sur le coté Sud.
Enfin il faut signaler l'autel et la statue de St Etienne ainsi que le retable dus au talent de Pierre BIARDEAU.
A propos de la statue, elle représente St Etienne, diacre et premier martyr mort lapidé en l'an 36. Cette erreur a également été commise à Entrefins (Vienne).
Le statuaire a en effet représenté St Etienne, le regard levé vers le ciel, les mains jointes s'abaissant sur les plis de sa dalmatique. Cette représentation est bien loin de la pauvreté et de l'humilité du saint ermite de Muret. De plus cette statue est affublée du surnom ridicule de Saint Coqueluchon dû a ce que St Etienne était invoqué pour la guérison des maux de gorge...
Histoire
La celle de Breuil Bellay a été fondée vers 1209 par Giraud III berley de Montreuil, qui donna aux religieux les forêts situées près de Cizay.
Une Eglise fut construite et dédiée à Notre-Dame; elle fut enrichie par de nombreuses familles: les seigneurs d'Aubigné, de Mareuil, la famille Le Bigot, Aimery Bouche-Torte, Pierre Joulain.
En 1295 la maison abritait 6 à 7 clercs et elle fut unie à Monnaie en 1317.
La communauté l'ayant quittée, les bâtiments furent longtemps abandonnés et tombèrent en ruines. L'église servait alors d'étable...
Lorsqu'en 1626 l'Abbé général Rigaud de Lavaur envoya un visiteur sur les lieux avec mission de faire réparer les bâtiments.
En 1627, le Prieur claustral de Monnais vint à mourir et les religieux durent élirent son successeur. Mais cette élection fut cassée par l'Abbé à qui revenait le droit de nommer les quatre premiers prieurs après son "joyeulx advènement"...
Des dissensions internes étant apparues au sein de la communauté qui ne voulait plus rester à Monnais, se plaignant de l'humidité de l'endroit "ce qui rend la plupart du temps les religieux malades ou indisposés "mentionne une transaction du 15 juillet 1634 entre le prieur de Monnais et ses religieux. A noter qu'une semblable transaction avait été déjà passée le 15 novembre 1616 avec le prieur précédent mais n'avait pas pu aboutir par suite du mauvais état de Breuil-Bellay.
Vers 1630, un religieux de Breuil-Bellay, Jean ROUDET, se fit connaître par une chronique grandmontaine diversement appréciée. C'est de cette chronique qu'a été tiré le passage sur le don d'HENRI II Plantagenêt à Grandmont en 1181, des fameux 800 chariots attelés chacun de huit chevaux et chargés de plomb pour couvrir le prieuré qu'il aurait envoyé d'Angleterre via La Rochelle...
En 1723 il ne restait plus à Breuil-Bellay qu'un seul religieux et deux domestiques. Le Prieur n'y résidait qu' occasionellement.
Dès 1750, le Prieur Dom LAMIRAULT mit en garde l'Abbé Xavier MONDAIN de la Maison Rouge contre les agissements du Procureur de l'Ordre, Dom VITECOQ, et lui écrivit notamment :"Je ne puis vous exprimer ma surprise sur le parti que vous prenez avec D.VITECOQ. Si les choses se terminent de la façon dont vous me le marquez, il peut dire avoir tout l'avantage, non seulement sur vous, mais sur tout l'Ordre". Il est regrettable que cette lucidité n'ait pas été plus profitable...
En 1768, pour satisfaire aux prescriptions d'un édit,un plan de sauvegarde de l'Ordre décidait de conserver neuf maisons et le Breuil-Bellay fut ainsi uni à Bercey.
Les arrêts du Conseil du 27 mars 1770 supprimèrent sept maisons dont celle du Breuil-Bellay. Ses revenus furent dévolus au séminaire St Charles d'Angers. Le prieur, Dom LAMIRAULT resta seul dans la maison. Il était en effet infirme et sur ses instances l'évêque lui accorda la permission de demeurer dans le prieuré jusqu'à sa mort et d'en administrer les biens pour le compte du diocèse.
En 1790 il n'y avait plus de religieux au Breuil-Bellay et les biens étaient affermés. Le monastère fut vendu à Mr JOUQUAULT qui émigra par la suite.
Le bien fut alors revendu à Mr JOLLY-VERRIE qui se vit remettre par les Archives deux volumes de titres de propriété.
Le Breuil-Bellay devint la propriété de la famille CHERBONNEL à la fin du XVIIIème siècle. C'est là que naquit Alice CHERBONNEL, plus connue sous le pseudonyme de Jean de la BRETE, romancière dont le livre "Mon oncle et mon curé" remporta un vif succès littéraire en 1889.
A la fin du XIXème siècle, le Breuil-Bellay fut racheté par la famille POTEZ.

webmestre : Michel FOUGERAT

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