Bonnemaison (celle n° 91)

Ce prieuré se trouve sur la commune de Choisy au Bac (Oise), dans une gentilhommière contiguë au château des Bonshommes.

Très beaux restes du bâtiment Sud, salle voutée.

Pour de plus amples renseignements consulter les "Cahiers Grandmontains" n° 7.

Vestiges :
Il ne reste de l'aile Nord que le réfectoire sans l'étage. Celui-ci est magnifiquement voûté en croisées d'ogives reposant sur deux piliers à chapiteaux octogonaux. Toutefois cinq travées sont ainsi voûtées, la sixième comporte en effet une voûte en plein cintre, accolée à une ancienne cheminée (?) à l'intérieur de laquelle s'ouvre aujourd’hui au Nord deux petites fenêtres, sans doute d'origine. Les autres fenêtres ont été remaniées, l'une en grande baie, l'autre en porte gothique. Sur la façade Sud, la porte du réfectoire semble d'origine. Par contre trois grandes fenêtres ont été ouvertes. À l'intérieuron note la trace de deux petites fenêtres sur le mur Est.
Sur le plan du XVIIe siècle apparaît un escalier à l'emplacement de la travée actuellement voûtée en plein cintre.
Ce réfectoire avait été transformé en chapelle au XIXe siècle. D’ailleurs lors de sa visite en 1960, J.R. GABORIT l'a photographiée dans cette utilisation . Un décor de "gypserie " (stuc) de style troubadour avait été appliqué sur les croisées d'ogives et sur les murs. Depuis, la destination des lieux a changé, et le décor de plâtre a été éliminé.
Histoire :
La celle de Bonnemaison a été fondée par Philippe d'ALSACE, comte de Vermandois. Celui-ci donna à l'abbaye de St Médard de Soissons, vers 1177, une partie des bois de Choisy-au-Bac, en échange d'une égale partie des bois de Rethondes, afin de la donner aux Grandmontains qui voulaient s'y établir .
Par la suite, Bonnemaison fut doté par Philippe-Auguste II, neveu de Philippe d'ALSACE (2). Ce dernier, en 1196, assigna aux Grandmontains une rente de six muids et demi de blé à prendre sur la ville de Compiègne. Une charte de 1219 fut faite en faveur de ces moines demeurant dans les bois de Choisy au-dessus de la rivière d’Aisne.
En 1252, Ansoult, seigneur d'Offémont confirma la possession des Grandmontains.
La celle de Bonnemaison hébergeait 6 clercs en 1195; elle fut unie en 1317 au prieuré de Vincennes.
Au XVIème siècle il ne restait plus que deux religieux à Bonnemaison.
Le 24 avril 1584, le roi Henri III donna Bonnemaison et le prieuré de Vincennes aux Minimes; en compensation il donna aux Grandmontains le Collège Mignon à Paris. Cet échange fut approuvé par le Pape Grégoire XIII en octobre 1584.
Les Minimes apportèrent quelques modifications à Bonnemaison. Un plan du XVIIème siècle laisse apparaître la création coté Sud dans l'église d'une chapelle latérale, face à la porte des moines. Il s'agissait peut être d'un oratoire dédié à Notre Dame de Septembre, culte établi à Bonnemaison. On notera sur ce plan un édicule octogonal relié à l'extrémité Nord du dortoir par une galerie, indiqué comme "lieux communs ",des latrines certainement .
Ce plan a peut être été établi en même temps que le procès verbal de visite contenu dans le cartulaire de 1610 .
Les Minimes obtinrent l'autorisation de transfèrer leur couvent de Bonnemaison à Beaumont-sur-Oise en 1752,sur demande de François de FITZ-JAMES, évêque de Soissons .
Vendu comme Bien National le 13 avril 1791, Bonnemaison fut acheté par Mr Le CARON de MAZENCOURT,juge au Tribunal de Compiègne, pour la somme de 48.400 livres assignats. Le bien fut revendu quelques années après, à Mr Arthur de LAIGLE, qui fit construire en ce lieu un énorme château, appelé Château des Bonshommes, qui devint par la suite la propriété de Mr le Comte de GRAMMONT .
Le Château des Bonshommes a été racheté très récemment par des Britanniques. Toutefois la Comtesse de GRAMMONT a gardé la gentilhommière du XVIIIème siècle se trouvant dans le parc avec l'ancien réfectoire grandmontain.

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