Badeix (Dordogne) - celle n°32

 

2013 - La partie Nord de l'aile Est est laissée à l'abandon. Les propriétaires, un couple de policiers anglais qui après la naissance de leur enfant, a laissé les bâtiments à l'abandon. Ils ont mis en vente ce bâtiment depuis deux ans.

La peinture de l'oiseau fait partie de cette partie d'immeuble en vente.

 

Ce prieuré est situé sur la commune de Saint Estèphe, à 2k500 au nord du bourg.

De l'église ayant servi longtemps de bâtiment agricole et actuellement de débarras! Il reste l'abside dont le triplet est bouché et une partie de la nef,celle-ci ayant été amputée au XVIIe siècle. La voûte s'étant écroulée elle fut remplacée par une charpente. Seule la partie centrale est bien entretenue, la partie Est du bâtiment est la propriété d'un couple de nationalité anglaise.

Janvier 2011 - Ils viennent de prendre l'initiative de faire restaurer la partie médiane du bâtiment sud. La couverture a été refaite, sauvegardant la salle possédant la peinture à l'oiseau.

Propriétés privées (3 propriétaires).

vue Sud du bâtiment

vue Est du bâtiment Nord

vue Ouest du bâtiment Nord

 

Les travaux actuellement arrétés.

 

 

Vestiges :
L’église.
L’église qui est au sud des bâtiments conventuels a été raccourcie au XVIIe siècle, et le pignon ouest a été réédifié avec un portail sans grand caractère. Au-dessus se trouve une fenêtre plein cintre à linteau monolithe, dont l’extrados est cintré. L'abside était voûtée en cul-de-four sans contrefort, avec un triplet très ébrasé intérieurement, actuellement bouché. La corniche qui marque le départ de la voûte est coupée par les fenêtres de l'abside. Extérieurement le triplet est à double voussure à claveaux et en plein cintre; une archivolte continue court au-dessus en épousant la forme des ouvertures. Le décrochement est visible ainsi qu'un lavabo à double arcade cintré, et lui faisant face un armarium, le tout malheureusement peu accessible sous un plancher. L'église mesure actuellement 18 m de long sur 6 m de large.
La voûte de l’église qui était en calcaire s’est effondrée à la fin du siècle dernier . M de Verneilh l'avait vue en 1850. Pour transformer l’église en grange, on a construit un plancher à mi-hauteur, et muré les trois fenêtres du chevet. La tempête de Décembre 1999 a mis à mal la toiture. Le parement sud s’est en partie effondré. La porte des moines d'origine est bouchée. Néanmoins c’est encore une chapelle fort intéressante qui mérite d’être sauvé. Il n'est pas besoin d'être un mécène riche pour sauver cet édifice, car les travaux peuvent être fait par quiconque avec le secours de temps à autre d'un professionnel. Avis aux lecteurs de cette revue.
Le bâtiment Est.
Dans le bâtiment Est, l’ancien escalier (extérieur) qui partait du bas de la salle capitulaire, a été démoli pour être remonté plus loin, sans doute au début du XXe siècle. Un escalier intérieur à double révolution a été aménagé dans le passage des morts pour accéder à l’étage, certainement lors de la réoccupation des lieux au XVIIe siècle. Au premier, un couloir court le long du mur ouest, dont les fenêtres meurtrières ont été bouchées. À l'Est à la place du dortoir, des chambres ont été ménagées, des ouvertures modernes ont été percées. La porte du passage donnant sur le cimetière a été bouchée.
La salle capitulaire comporte deux colonnes coiffées de gros chapiteaux qui soutiennent six travées en voûtes d’arêtes, avec clefs de voûtes cruciformes. Les voûtes retombent sur de faux arcs formerets dans les murs de la salle.
Actuellement les occupants ont élevé une cloison pour aménager leur cuisine d’une part et un séjour de l’autre; un des piliers se trouve noyé partiellement dans la cloison. Le tout est difficile d'accès, aussi nous aurons recours au Dr A. Grézillier qui l'avait vu avant son cloisonnement et la décrit ainsi :
"La salle capitulaire est divisée par deux colonnes, en deux travées, selon un axe nord-sud. Chacun des six compartiments ainsi délimité est voûté d'arêtes qui retombent, au centre, sur les colonnes, aux murs, sur des consoles sans ornement, dans les angles, sur des corbelets terminés en bas par deux ergots.
Sous chaque rencontre d'un compartiment de voûtes avec le mur (sauf à la façade) sont creusées de profondes arcatures en tiers-point, sans moulure. Leur angle reste à 0,25 m environ du sommet de la voûte.
Les deux chapiteaux sont remarquables par l'épaisseur de leur tailloir, sensiblement égale à la hauteur de la corbeille. L'un est octogonal, l'autre carré. Leur profil comporte, de haut en bas, un bandeau, un cavet, une baguette, un second bandeau. Sur l'un d'eux, les angles de la corbeille s'ornent de deux petits motifs accolés, en forme de larme, la pointe en bas. Le second est décoré de grosses feuilles d'eau, à nervure médiane très dégagée. Leur pointe se recourbe pour ébaucher un crochet. Leurs bords s'unissent sur les faces de la corbeille pour former un V très ouvert à pointe arrondie, dont l'ouverture est barrée par une petite baguette alésée.
Les colonnes rondes reposent sur des bases moulurées d'un tore aplati et d'une profonde scotie. Des empattements occupent les angles du soubassement carré.
La façade de cette salle, tournée vers l'ouest, était percée d'une porte à linteau brisé, entre deux fenêtres en plein cintre, ouvrant sur le cloître. "
La salle des moines très rustique est voûtée en berceau brisé. Elle s'ouvre sur le cloître par une porte sous l'escalier extérieur, installé vers le début du XXe siècle, lors d'un partage entre héritiers. Deux fenêtres l'éclairent à l'Est. Elles pénètrent profondément dans la voûte, et cet ébrasement en pénétration a donné lieu à un travail remarquable de stéréotomie. Ce cellier qui devait avoir une porte donnant sur les champs à du être bouchée lors de la réoccupation de la celle par les moines au XVIIe siècle. Les autres bâtiments ont disparu. Un grand arc formeret sur le mur Ouest indique l'emplacement du bâtiment Nord. Il semble que le réfectoire ait été couvert d’une voûte d’arêtes.
Il reste également un grand Christ en bois sur un décor d’un manteau d’hermine et des deux anges; pièce sculptée par Jacques Reys “maître sculpteur et doreur” originaire de St Julien de Bourdeilles, père du curé de St Estèphe chez qui il résida entre 1730 et 1738. Ce Christ se trouve actuellement dans l’église de St Estèphe.

Histoire :
Sa fondation remonte au XIIe siècle ; son église avait été dédiée à St Jean devant la porte latine, dont la fête se souhaite le 6 mai. En 1295, quatre religieux y habitaient. La celle dépendait de la province de Saintonge. En 1317, elle fut unie à Ravaud et dut être pour ce prieuré un simple bénéfice.
Au XVIIe siècle, en 1650 dit le Chanoine Lecler , "le logis prieural de Ravaud étant très endommagé, et comme les ressources manquaient pour le restaurer, le prieur obtint, vers cette époque, dispense de résider; puis la communauté demanda et obtint de l'Abbé Général la permission de se transporter à Badeix, dont les bâtiments étaient plus commodes et en meilleur état". C’est de cette époque que datent les différentes transformations (raccourcissement de la nef, création d’un escalier intérieur dans le passage, déplacement de l’escalier extérieur, afin de remonter le mur se trouvant dans le prolongement de la salle capitulaire). Ces aménagements font penser à une communauté plus réduite et... plus frileuse !
Pilier de la salle capitulaire
(Bull. Monum. T CXXI p. 356)
Étienne Talin ou Colin d'après le R.P J.B Rochias, qui avait été pressenti le 5 juillet 1654 pour succéder à l'Abbé Georges Barny, était à cette époque prieur de Ravaud et de Badeix. Docteur de Sorbonne, le père Talin après avoir était bénédictin était entré dans l'ordre de Grandmont . Mais son élection abbatiale fut annulée car contraire aux Constitutions, différents religieux importants n'ayant pas été présents, dont le frère du défunt.
Le prieur de Ravaud, Étienne Chavialle, de passage à Badeix à la fin du XVIIe siècle rend dans un procès foy et hommage à François Bouhier, écuyer, sieur de Nanclars . Le 30 novembre 1688 Paul-René de Bannezon est prieur de Badeix.
La réforme de l’Étroite-Observance y fut introduite. Un prieur de Badeix, René-François de la Guérinière fut choisi par le chapitre de Grandmont comme Abbé Général de l’Ordre, le 18 mars 1716. Pierre Millet de la Haye lui succéda comme prieur jusqu'en 1741, date à laquelle il décéda. C’est lui qui passa commande pour le prieuré d’un christ en bois, dû au ciseau de Jacques Reys.
Pierre Millet de la Haye fut remplacé par Jean-François de Giboust de Chastellux.
En 1752, survient une affaire étrange, le prieur de Badeix, Jean-François de Giboust de Chastelux, meurt de mort violente en l’abbaye de Peyrouse .
“Le second jour du mois de mars mil sept cent cinquante-deux à la réquisition de Léonard Chasteau, sieur de la Pradelle, procureur d’office de la présente juridiction, du sieur Pourchereaud, religieux grandmoniste de la Faye, du sieur Laschaud, bourgeois, habitans du lieu de Peyrouse, j’ai enterré et fait le service du corps de feu messire Gibout, prêtre, prieur de Badeix, qu’on m’a dit être décédé de mort violente en la communauté de l’Abbaye de Peyrouse, présente paroisse, et qu’on m’a assuré avoir donné ses preuves de contrition, et reçu l’absolution à l’instant de sa mort, ce qui m’a porté à permettre qu’on l’aye inhumé dans l’église de cette paroisse, et aux tombeaux de la fabrique en présence de plusieurs témoins soussignés. Dupeyrat, curé, Sicaire Dumont, Y. de La Peyronnie, Charteaut, Deslande, témoins.”
Les circonstances étaient pour le moins étranges : "Pendant que l'on chantait mâtines au choeur de l'abbaye de Peyrouse, dom Giboust fumait sa pipe sous le cloître, puis se rendait aux commodités de l'abbaye. Son valet, Racoing, devait y découvrir son corps percé de neuf coups de couteau."
Les versions de son décès différent, son valet prétendant qu’il s’était suicidé en se portant neuf coups de couteaux dans la région du cœur, tout en prenant la précaution de relever sa chemise pour ne pas l’endommager ! Il semble d'après ce rapport qu'il était vêtu d'une manière assez élégante, tout au moins, pour un religieux : d'une redingote de couleur mûre, d'un habit de drap brun, et d'une culotte noire, chaussé de bottes molles .
Un procès fut introduit , le verbal du criminel nous en donne le détail :
“Les nommés Laprade, domestique du prieur de Boschaud, Racoing, valet de feu le prieur de Badeix, et Léclaircie, domestique à l’abbaye de Peyrouse, et Louis Borie, sieur des Barières, maître chirurgien, accusés du meurtre et assassinat commis dans la maison conventuelle de Peyrouse, sur la personne de Dom Giboust, prêtre, religieux de l’ordre de Grandmont, prieur de Badeix”.
Afin de confondre les assassins, la justice demande un rapport des médecins de Périgueux, de Limoges, de deux médecins de Paris, de trois médecins de Montpellier, de cinq médecins de Tours et de quatre médecins d’Angers, établissant qu’un homme frappé de neuf coups de couteau ne peut pas s’être suicidé, comme on voudrait le faire croire.
Cette demande est introduite par le médecin F. Davillas, de la Faye de Jumilhac.
“Mon cher confrère,
Vous avez sans doute après la funeste catastrophe de Dom Giboust. Quelques-uns le croient auteur de sa mort: d’autres au contraire, et le plus grand nombre, l’en croient innocent. La décision de cette controverse dépend de savoir si un homme peut s’enfoncer dans le corps successivement neuf coups de couteau, tous pénétrans et dont deux blessent le coeur. Trois médecins du Périgord se sont déclaré pour la négative; ils ont même décidé qu’un homme, qui a le coeur percé, ne sauroit parler. Mais comme la décision de ces M.M ne déterminé pas pleinement M.M les Juges; je vous prie de tirer en fond une délibération de M.M les Docteurs de Paris, et de me l’envoyer en diligence; parce que la chose presse.
Vous m’obligerez sensiblement ainsi que mes confrères au nom desquels je vous écris. Pardon, si j’écris mal et si brièvement. C’est qu’il m’est difficile de le faire..
La Faye de Jumilhac le 23 Mars 1752.”
Le 16 Mai 1752 une réponse des médecins d’Angers ne laisse aucune équivoque:
Nous soussignés Docteurs et Régents en la Faculté de Médecine de l’Université d’Angers, sur l’exposé qui nous a été fait que M François Giboust, prieur de Baday, ordre de Grandmont, auroit été trouvé dans une communauté de Pères Bernardins nommée Peyrouse en le Périgord, à l’endroit des privéz et dans la préparation d’un homme prêt à partir pour s’en retourner chez luy, assassiné de neuf coups de couteau, avec les circonstances qui suivent, scavoir 1°. que des neuf coups de couteau deux avaient pénétré jusqu’au coeur. 2° que le couteau dont on s’est servi pour cet assassinat a été trouvé fiché dans le mur des dits privés. 3° que la chemise du mort n’étois nullement percée,
Nous estimons, malgré quelques observations de plaies pénétrantes jusqu’au coeur qui n’empêchoient pas le blessé de se mouvoir pendant quelques temps, qu’il n’est pas vraisemblable que le dit P. de Giboust eut pu se porter luy-même un second coup de couteau dans le coeur, après s’en être porté un premier précédé de sept coups portés ailleurs, et que sa force et sa présence d’esprit eussent été assez grandes pour aller jusque-la, encore moins pour être appliquées l’une et l’autre a ficher dans une fente de mur l’instrument de ces coups mortels, et a écarter préalablement ses vêtements et sa chemise, pour se les porter tous; et qu’ainsi il n’est pas croyable que le dit de Giboust, prieur de Baday se soit assassiné luy-même, comme on a voulu le publier, ce que nous certifions.
A Angers le seize may mil sept cent cinquante-deux.
Paulmier, ancien Doyen, de Boussac, Bertelot Dupaty.
Tout les autres médecins consultés arrivent aux mêmes conclusions :
...il n’est pas plausible de croire qu’un homme puisse tenir pour pouvoir continuer à se donner un si grand nombre de coups de couteau dans le ventre et la poitrine. 2° que se donnant tant de coups de couteau étant habillé, il auroit fallu avoir la force et la présence d’esprit pour soutenir d’une main ses habits et sa chemise levée pour ne pas les toucher en se frappant si souvent du couteau, ce qui parait impossible, et puis a quel dessein un homme troublé ou désespéré auroit il eu tant d’attention. 3° dans la supposition que l’homme en question se fut donné neuf coups de couteau, il auroit fallu que les deux qui ont porté au coeur eussent été les deux derniers, estant mortel sur le champs, ainsi il se seroit donné sept coups de couteau auparavant, may il n’est guère possible qu’un homme après s’être donné sept coups de couteau à la poitrine ou à l’estomac, puisse être en état de se percer le coeur...Décidé à Montpellier le 5 Avril 1752 - Lazerme, Huguenot, Fizes, Professeurs en l’Université de médecine de Montpellier.
Les soupçons de la justice se portèrent sur Racoing et les domestiques de l'abbaye. L'enquête dura un an mais ne put faire la lumière sur cette étrange affaire. Les prévenus furent innocentés le 2 août 1753, la thèse d'une crise de démence suicidaire ayant sans doute prévalu .
Il fut remplacé par Dom Teytaud jusqu'en 1766, date à laquelle Dom Gaspard-Thyrse Mathieu de la Gorse le remplaça le 27 novembre.
Le dernier prieur de Badeix fut D. Gaspard-Thyrse-Mathieu de la Gorce, prêtre, docteur régent en théologie, était né à Châteauponsac (Hte-V) en 1724. Il avait pris l'habit de Grandmont le 23 septembre 1745. En 1768, il ne restait plus que lui à Badeix, et encore, car il résidait souvent dans sa paroisse natale ou à Limoges, rue des Combes, paroisse St Michel des Lions. Il ne perdait toutefois pas de vue de faire fructifier le temporel.
La celle de Badeix fut unie par lettres-patentes du 24 février 1769 au siège épiscopal de Limoges.
Lorsque D. Pichon, procureur-syndic de l'abbaye présenta à M de la Vauverte un appel comme d'abus en 1772, tant en son nom que pour l'Abbé et ses confrères dont il était le fondé de pouvoir, Dom Gaspard-Thyrse de la Gorse résidait occasionnellement à Badeix . Quatre ans plus tard, les bâtiments étaient inhabités.
Le 10 avril 1777 Dom Gaspard de la Gorce afferme le domaine à François Villariaud, sieur des Eyssards, avec la caution d'un bourgeois de Bussière-Badil, Thomas Bernard. Le prieur poursuivra le 4 Avril 1780 le fermier pour négligence dans l'entretien des chaussées du grand étang, et l'entretien des bâtiments du prieuré, et d'avoir fait "couper à pied" plusieurs arbres dans les bois du Teillet et du Plantadis . Le juge-sénéchal après avoir parcouru les bois, examiné la chaussé, et visité les bâtiments pendant six heures avec son commis-greffier. Dom Gaspard de la Gorce semble avoir forcé le préjudice subi, car le juge ne relève que peu de chose à reprocher au tenancier :
“De là le dit sieur prieur nous a conduit dans l’église ou chapelle dudit prieuré dont il a la clef et dans laquelle il nous a fait voir une fourche de prunier et des jets de taillis qui paraissent nouvellement coupés, tout quoi il nous a déclaré avoir trouvé dans la basse cour lorsqu’il y est arrivé dans son dernier voyage et l’avoir fait serrer dans ladite chapelle soit pour la mettre en sûreté soit pour servir de pièce à conviction....Et comme nous étions dans le cours de notre opération s’est présenté ledit Léonard Villariaud, sieur de Leyssard lequel connaissant notre qualité et le sujet de notre transport et nous ayant accompagné pendant quelques temps nous a déclaré en présence du sieur prieur qu’il n’a commis personnellement n’y fait commettre par son ordre aucune des déprédations dont ledit sieur prieur se plein. et que si il a pris du bois il n’était que du bois mort.”
Le juge instruisit un procès qui se terminera à l'amiable le 4 juillet 1780. On ne sait pas si le prieur était gagnant dans cette affaire, ce qui est sûr c’est que les frais exposés étaient le paiement :“pour mes vacations neuf livres, au procureur six livres, au greffier six livres non compris le papier qui ont été payé par ledit Allemant”.
Le 26 juin 1785, Dom Gaspard de la Gorce afferme le moulin du prieuré à Jean Peletingeas, meunier à Busserolles. Le jour de Pâques 1786 Dom de la Gorce se rend au moulin pour faire quelques reproches au meunier. Il a pris son fusil, sans doute par précaution ... il est abreuvé de paroles "atroces et malhonnêtes". Jean Peletingeas très en colère se saisit du fusil du prieur et le rompt. L'affaire est portée devant notaire, Peletingeas présente ses excuses car il dit "avoir été sous l'emprise du vin" et promet au prieur de mieux accomplir son travail, de faire réparer le fusil, et lui offre un couple de dindons .
Quant au prieuré, il fut adjugé le 26 mai 1791 avec ses biens, cens, rentes, jardins, église, moulin, étang et dépendances moyennant la somme de 17000 livres à Guillaume Vallade aîné. Le prieur Gaspard de la Gorce, fut arrêté en septembre 1792 pour avoir refusé de prêter serment, et fut emprisonné au couvent de la Règle en 1793, puis à la Visitation en 1796. Libéré au concordat, il fut nommé curé de Bessines. Il mourut le 6 août 1805, à l’Hospice de Limoges . M le comte de Verneilh-Puyrasseau, qui l'avait bien connu, conte l’histoire suivante : “Je me mariai au mois de mars 1784. Notre mariage avait été célébré par un parent de mon épouse, dans la chapelle de Puirasseau. Cette chapelle était desservie par un religieux prieur de Badeix, ordre de Grandmont, originaire de Châteauponsac, et oncle d’un de mes meilleurs amis. On ne lui avait pas encore fait part du mariage lorsqu’à la première réunion de famille, il était venu, un jour de dimanche, porter sa messe à Puyrasseau. Mais ayant trouvé l’écurie remplie de chevaux, il était brusquement remonté sur le sien, pour s’en retourner. Dans ses principes, il voyait avec peine que des étrangers vinssent assister à sa messe, au lieu d’aller dans leur paroisse. Lorsque, peu de jours après, il eut appris l’objet de la réunion qui lui avait si fort déplu, il s’excusa de sa boutade, dont nous n’avions fait que rire, ayant surtout un autre aumônier. Du reste le père Lagorce, vif emporté, grand preneur de tabac, et très sévère dans ses principes mais aussi un homme d'esprit et de bonne compagnie "

webmestre : Michel Fougerat

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